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La chute du mur de Berlin, il y a 15 ans

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La chute du mur de Berlin, il y a 15 ans

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L’Allemagne a célébré sans euphorie le quinzième anniversaire de la chute du mur de Berlin: quinze ans après, les divisions persistent entre l’Est ex-communiste et l’ouest, plus prospère. Comme pour donner le ton, une pluie fine a accompagné des cérémonies-anniversaire d’ailleurs peu nombreuses. Des représentants de la classe politique et d’associations de victimes ont déposé des fleurs au Mémorial érigé à la mémoire des 1.065 personnes tuées en tentant de franchir le mur. Quinze ans plus tard, l’Allemagne reste partagée

C‘était donc le 9 novembre 1989. Gunter Schabowski, le porte-parole du Sed ne s’attend pas à l’incroyable portée de ses paroles. Il tient une conférence de presse ce jeudi-là, et ce qu’il dit fait l’effet d’une bombe, tous les citoyens de RDA peuvent aller à l’Ouest, s’ils demandent un visa.

En quelques minutes, les Berlinois de l’Est prennent d’assaut les points de passage. A minuit, une foule en liesse se hisse sur le mur, ils sont des centaines de milliers à passer à l’Ouest. Images d’une page d’histoire qui se tourne, prémices d’une réunification des deux Allemagnes, un peu plus d’un an plus tard. Quinze ans après, on est loin de ces “paysages exubérants” promis par Helmut Kohl. La fracture n’est plus la même, mais elle est bien là. Les manifestations du lundi, annonciatrices avant 89 de lendemains qui chantent, stigmatisent maintenant la montée du chômage dans l’ex-RDA, deux fois plus important qu‘à l’ouest, et les salaires, beaucoup plus bas. Rose-Marie Gratz était journaliste à Berlin-est à l‘époque. Elle est installée en France : “les gens de l’Est ont perdu leur protection sociale, cette sécurité de l‘époque, et leurs rêves d’un ouest doré, ils ont troqué la peur de la sécurité, celle incarnée par la Stasi, contre la peur de l’insécurité, l’insécurité sociale. Ils se rendent comptent que les frères et les sœurs de l’Ouest ne les aiment plus du tout quand ils deviennent des rivaux sur le marché du travail.” Face à l’amertume de ceux qui se considèrent des Allemands de seconde classe, l’irritation de ceux de l’Ouest : Marc Rohde, un autre journaliste : “ce qui énerve les Allemands de l’ouest, c’est que ceux de l’est se plaignent beaucoup, ils sont grognons, il y aussi cette vague d’“ostalgie” chez les Allemands de l’est, qui regrettent l’Allemagne de l’est de l‘époque, qui disent que c‘était génial, que même les produits de l’est étaient meilleurs que ceux de l’ouest”. Le coût de la réunification est exorbitant : 1.500 milliards d’euros en 15 ans. Mais le fossé économique ne se referme pas… L’Allemagne est unie, mais toujours divisée.