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Dette irakienne : un geste décisif du Club de Paris

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Dette irakienne : un geste décisif du Club de Paris

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C’est au sommet du G20 de Berlin que la dette irakienne s’est invitée ce week-end. La réunion des 20 principales économies mondiales a permis contre toute attente une percée décisive sur la dette irakienne. Question épineuse, sur laquelle les Etats-Unis se sont opposés depuis un an et demi avec la France, l’Allemagne et la Russie et qui n‘était nullement au programme au départ… Elle s’est greffée à l’ordre du jour du fait de la présence sur place des principaux pays créditeurs.

La dette irakienne de près de 40 milliards de dollars auprès du Club de Paris sera réduite à 7,8 milliards de dollars d’ici à 2008. Deux tranches de 30 pourcent seront effacées, l’une immédiatement, l’autre en 2005, une troisième, de 20 pourcent, le sera en 2008. Au total, c’est 80 pourcent de la dette qui sera effacée. Installée au ministère français de l’Economie et des Finances depuis sa première réunion dans la capitale française en 1956 pour discuter de la dette de l’Argentine, le Club de Paris est un groupe informel de créantiers publics dont l’objectif affiché est le recouvrement maximal de leurs créances. Il est formé de 19 états, tous appartenant au monde industrialisé, et qui prêtent de l’argent aux pays en développement. Les principaux créantiers de l’Irak sont le Japon, suivi de la Russie, de la France, l’Allemagne et les Etats-Unis… L’allégemement concédé par le Club de Paris concerne le tiers de la dette globale de l’Irak, 125 milliards de dollars. Ce genre de geste est rare, en tous cas, c’est toujours en raison d’enjeux géopolitiques qu’ils ont lieu. Ce fut le cas du Pakistan en 2001, de l’Egypte après la guerre du Golfe, ou de la Pologne en 91. Pour l’Irak, ce geste marque probablement aussi la volonté des européens d’améliorer les relations transantlantiques, moins de trois semaines après la réélection de Bush.