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Portugal : histoire d'une crise gouvernementale

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Portugal : histoire d'une crise gouvernementale

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Tout commence en juillet dernier avec la démission de Jose Manuel Barroso. Appelé à présider la Commission européenne, le Premier ministre portugais annonce au Président Jorge Sampaio son départ et il rassure les Portugais : “Je quitte ces fonctions au moment où des conditions de stabilité politique sont réunies dans notre pays.”

Les socialistes, comme 55% des Portugais, souhaitent de nouvelles élections. Mais Jorge Sampaio préfère opter pour un simple remaniement gouvernemental :“J’ai decidé de demander à l’actuelle majorité de former un nouveau gouvernement. J’adresserai une invitation en ce sens au président du parti Social-Democrate.” C’est donc le maire de Lisbonne, Pedro Santana Lopes, qui devient Premier ministre. La nomination de l’ancien président du Sporting Club est contestée, même dans les rangs de son propre parti de centre-droit, le Parti Social-Democrate (PSD). On souligne son manque d’expérience – notamment économique – dont les finances publiques pâtissent. Des lacunes que ses détracteurs lui reprochent de combler par un discours populiste. D’autres désapprouvent ses apparitions à la télévision en tant que commentateur sportif ou chroniqueur politique alors qu’il était maire de Lisbonne. Le premier dérapage arrive en octobre. Après avoir critiqué le gouvernement dans l’une de ses inteventions, Marcelo Rebello de Sousa, journaliste politique très réputé d’une chaîne privée, est contraint de démissioner. Le gouvernement de Santana Lopes est immédiatement taxé de censure. Un ministre est accusé d’avoir fait pression pour obtenir le licenciement du journaliste. Cette affaire embarrassante éclate alors que le gouvernement vient de rater la rentrée scolaire. L’ouverture des écoles ayant dû être repoussée de deux semaines parce que 50% des professeurs n’avaient pas eu confirmation de leur affectation. Le mécontentement des Portugais envers le gouvernement atteint un record : 55% d’opinions défavorables pour Santana Lopes, c’est pire que les moments les plus difficiles connus par ses prédécesseurs, le conservateur Durao Barroso et le socialiste Antonio Guterres. Avec des élections début 2005, c’est peut-être l’occasion pour l’ancien commisaire européen à la Justice, le socialiste Antonio Vitorino, de tenter le retour de la gauche au pouvoir à Lisbonne.