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Kyoto démarre difficilement

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Kyoto démarre difficilement

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La Terre va mal. La prise de conscience générale, ces dernières années, ne suffira pas à la sauver si on se limite à des déclarations de bonnes intentions. D’ici 50 ans, partout sur la Terre, des glaciers, des îles, des villes auront disparus. Et pourtant, le problème est encore traité de façon marginale à l‘échelle de la planète.

En 1997, l‘élan suscité par le protocole de Kyoto permettait tous les espoirs. Les pays industrialisés s’engageaient à réduire leurs émissions de gaz de 5% par rapport au niveau de 1990 d’ici 2008-2012. Sept ans plus tard, le protocole n’est toujours pas entré en vigueur, faute de signataire de poids. Finalement, le 22 octobre dernier, la Russie a redonné une nouvelle impulsion à Kyoto, en ratifiant le traité. Moscou espère en tirer davantage de profit politique qu‘économique, mais toujours est-il que sans cette signature, le protocole se trouvait particulièrement moribond. Car d’après le texte, il fallait que 55 pays industriels, pesant au moins 55% des émissions de gaz à effet de serre, s’engagent et ratifient le traité. Or, les Etats-Unis se sont retirés du protocole en 2001. Seule la Russie – et ses 17% d‘émissions – pouvait faire pencher la balance. Mais la signature russe et le passage du seuil ne suffiront pas. Quoi qu’il se décide, l’avenir de la planète est en partie entre les mains des Etats-Unis. Les Américains – George W. Bush en tête – considèrent Kyoto trop coûteux et soulignent que rien n’est prévu pour les pays en voie de développement. De ce point de vue là, l’argument américain est imparable, ces pays sont actuellement responsables de 40% des émissions de gaz mondiales, et d’ici 2025, ils auront dépassé les pays industrialisés. Alors comment convaincre les puissances émergentes de ratifier le protocole de Kyoto ? Comment convaincre l’Inde, la Chine ou le Brésil par exemple de signer si même les Etats-Unis refusent ? C’est bien sûr la principale difficulté qu’il faudra surmonter, d’une manière ou d’une autre.