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Vague de froid sur les relations Russie-Occident

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Vague de froid sur les relations Russie-Occident

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Hasard du calendrier ou volonté d’afficher des amitiés autres qu’occidentales, Vladimir Poutine, de passage en Inde puis en Turquie ces derniers jours, a beaucoup insisté sur les relations privilégiées que la Russie entretenait avec ses pays hôtes. Sans manquer de lancer des attaques sévères contre les Occidentaux : “notre position est de dire que seuls les citoyens, de n’importe quel pays et donc de l’Ukraine, peuvent décider de leur sort. Celui qui joue le rôle du médiateur ne doit ni se mêler de ce qui ne le regarde pas, ni exercer une pression”.Vladimir Poutine enregistre une défaite remarquée dans la crise ukrainienne, puisqu’il avait choisi de s’y impliquer personnellement.

D’où la tentation, pour justifier son revers, de dénoncer une ingérence américano-européenne dans les affaires de son ancien pré-carré. Une stratégie maladroite selon Dimitri Trenin, politologue russe : “Il aurait été dans l’intérêt de la Russie de jouer un jeu un peu plus complexe, qu’elle puisse se retourner quelque soit le résultat du scrutin. Mais c’est une autre option qui été choisie, moins heureuse. Le président Poutine a décidé de suivre son idée jusqu’au bout. Cette défaite va compliquer son rôle de partenaire, que ce soit avec les Etats-Unis ou avec l’Europe”.

Plus que les Américains, c’est surtout vers les Européens que les critiques se font les plus vives. D’abord de la part du président, puis de la part des députés russes, qui ont protesté par un vote à la Douma contre cette “ingérence étrangère” : “C’est rabaissant pour nous, estime le député nationaliste Vladimir Jirinovski, ils arrivent de Bruxelles pour nous dire comment faire”.Le refroidissement est-ouest ne sera peut-être que passager, ni les Européens, ni les Américains, ni les Russes eux mêmes n’ayant intérêt à ce qu’il se prolonge. D’autant que si Viktor Iouchtchenko fini par l’emporter, il faudra bien que Moscou finisse par acquiescer.