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La question chypriote au coeur de la candidature d'Ankara

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La question chypriote au coeur de la candidature d'Ankara

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La candidature de la Turquie remet en scène un vieux conflit : le feuilleton chypriote. L‘île divisée a longtemps fait obstacle à la candidature d’Ankara, et une fois de plus son rôle sera difficile à couper au montage dans le cas d‘éventuelles négociations comme le souligne ici Rusen Ergec, professeur de droit constitutionnel à l’université libre de Bruxelles : “Le problème de Chypre reviendra sur le tapis certainement, et à ce moment là il y aura un problème épineux qui va devoir être discuté, est-ce que la Turquie doit reconnaître Chypre, l’administration grecque de Chypre, le gouvernement grecque de Chypre, dans la mesure ou ce gouvernement a un siège au conseil, est déjà membre de l’UE.”

La partie sud de l‘île a adhéré à l’Union européenne en mai 2004. Reste le nord, où depuis 1974 stationnent 30 000 soldats turques. La République Turque de Chypre du Nord bénéficie, à ce jour, de la seule reconnaissance d’Ankara. Le scrutin d’avril dernier aurait pu balayer ces frontières. Mais le 24 avril, les Chypriotes-Grecs ont massivement rejeté par référendum le plan de réunification de l‘île proposé par l’ONU. A l’inverse, les Chypriotes-Turques l’ont appelé de leurs voeux. Avec cette illustration dans les urnes des divisions dans les mentalités, les Chypriotes-Turques sont restés aux portes de l’UE. Quid de la situation actuelle ? Coté chypriote-grec, le président Tassos Papadopoulos pourrait faire jouer son droit de veto afin d’empêcher l’ouverture des négociations avec Ankara. Mais le refus du plan de l’ONU a quelque part isolé les chypriotes-grecs sur l‘échiquier européen. Le pronostique de Rusen Ergec: “Le problème de la reconnaissance de facto peut se poser, et là la Turquie fera vraisemblablement un pas en avant, dans cette direction là. En échange si les grecs acceptent cela ils pourraient demander à la Turquie de faire des concessions par exemple, de revoir certains points du plan Annan qui leur déplaisent.”

Recep Tayip Ergogan, le premier ministre turque l’a d’ailleurs très bien compris. En virtuose politique, il a martelé qu’il était hors de question de reconnaître la République de Chypre avant le 17 décembre. Manière de sceller le destin européen de la Turquie à l’avenir intérieur de chypre.