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Le "Non" annoncé des Européens à la Croatie

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Le "Non" annoncé des Européens à la Croatie

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Les négociations entre l’Europe et la Croatie vont-elles s’ouvrir demain ? A moins d’un coup de théâtre, c’est-à-dire le transfert du général Ante Gotovina au Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, ce sera “non”. Il s’agit maintenant de savoir si les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne, réunis ce mercredi, vont annoncer ou non un report de lancement des discussions.

Le Premier ministre croate Ivo Sanader, dans un baroud d’honneur à Bruxelles, a assuré que son pays coopérait pleinement avec le TPI sur l’affaire Gotovina. Zagreb assure ne pas savoir où il se trouve. Les pistes en tous cas ne manquent pas comme l’explique Michael Emerson, du Centre d‘études politiques européennes : “La Bosnie est une possibilité mais je n’ai pas d’indices qui indiqueraient que la communauté croate le protège là-bas. Deuxième possibilité, la France, je n’ai pas d’informations, mais il a un passeport français. Rappelons qu’il a été soldat dans la légion étrangère. Troisième possibilité, l’Amérique du sud où il a de nombreuses connexions”.

En Croatie, l’opinion publique ne comprend pas que l’ouverture des négociations dépende de l’arrestation de Gotovina, largement considéré comme un héros national. Une habitante de Zagreb explique : “ je pense que cette décision de l’Europe est trop radicale, (…) que l’affaire Gotovina devrait être une condition pour l’entrée de la Croatie dans l’Union”. Un autre affirme : “Je pense que cela va avoir un effet très négatif sur le sentiment des Croates envers l’Union européenne. Si on avait un référendum maintenant 80% des Croates voterait non à l’Europe”. A défaut d‘être diplomatique, le report ou le blocage des négociations d’adhésion avec la Croatie constitue en tout cas un message clair à l’ensemble des pays des Balkans sur la nécessité de coopérer avec le TPI.