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La directive Bolkestein en question

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La directive Bolkestein en question

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La directive Bolkestein synonyme de cauchemar… La presse française n’est pas la seule à brandir le spectre du dumping social. Ce projet de réglementation a à tel point cristallisé les craintes d’une Europe ultra-libérale que des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi dernier dans les rues de Bruxelles. Une directive qui semble aussi diviser les anciens et les nouveaux Etats-membres. Contrairement à la France ou à l’Allemagne, la Slovaquie de Mikulas Dzurinda est pour:

“De façon générale, je suis favorable à la libéralisation des marchés, je suis favorable à une politique qui permette davantage d’ouverture des marchés, non seulement dans le cas des biens mais aussi des services.” Ce qui fait débat, c’est le principe du pays d’origine introduit par cette directive. A titre temporaire, des employés pourraient être détachés dans un autre Etat-membre sans que leur entreprise ait à se plier à toutes les contraintes administratives et juridiques du pays. Ce qui pour l’heure est inconcevable comme en témoigne l’exemple d’un chantier en Suède, fermé parce que des lettons y travaillaient sans convention collective suédoise.Pour Didier Reynders, le ministre belge de l’Economie et des Finances, la seule solution serait une véritable harmonisation européenne en la matière: “Si on fait évoluer les protections sociales et les règles de fonctionnement des entreprises à travers l’ensemble de l’Union européenne, il n’y aura plus de difficultés à considérer qu’on peut se faire concurrence avec des législations qui sont comparables dans les pays européens.” Les services représentant 70% des emplois européens, Bruxelles estime qu’il est indispensable qu’ils se prêtent eux aussi aux règles du marché unique. En attendant, la Commission propose de laisser hors de portée de la directive les services d’intérêts généraux, la santé et les services sociaux.