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Paul Wolfowitz : un faucon sensible à la tête de la Banque mondiale ?

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Paul Wolfowitz : un faucon sensible à la tête de la Banque mondiale ?

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De l’avis de ses détracteurs, les murs de la Banque mondiale (BM) en tremblent déjà. Paul Wolfowitz fait peur à la gauche américaine, et sa candidature fait grincer les dents des européens, en coulisse. Qui se cache derrière cette image de loup ? “Un homme sensible à la souffrance des autres”, affirment ses alliés. Indispensable pour occuper ce poste.

“L’opportunité de travailler pour qu’un milliard de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour et des milliards d’autres qui vivent dans la pauvreté aient une meilleure chance de s’en sortir est une responsabilité enthousiasmante et un véritable défi”, déclarait récemment l’intéressé. Sa sensibilité a aussi été éprouvée lorsqu’il a visité les zones sinistrées par le tsunami de décembre dernier. Cette région, il la connaît bien pour avoir été ambassadeur américain en Indonésie de 1986 à 1989. Trois années durant lesquelles il jouera un rôle dans la chute de la dictature Marcos, ou encore travaillera à la normalisation des relations avec la Chine. Paul Wolfowitz est-il un Docteur Jeckill et Mister Hyde ? Une chose est sûre, il travaille dur pour casser sa réputation d’homme le plus faucon des faucons, de “velociraptor”, expression employée dans un article de “The Economist” et qui lui colle désormais à la peau. Issu de la gauche intellectuelle, Paul Wolfowitz vire à droite dans les années 70 et s’impose comme le “théoricien” de ces “neo-conservateurs” avec la fin de la guerre froide. Le monde n’est plus bipolaire, il faut en profiter pour pérenniser l’hégémonie américaine, son modèle démocratique et en finir avec les dictatures du monde entier. Partisan très tôt d’une intervention en Irak pour renverser Saddam Hussein, le 11 septembre va lui donner l’opportunité de mettre en pratique ses convictions. “Des milliers de personnes sont impliqués dans ces crimes”, estime-t-il, “et essayent de tuer des Américains pour restaurer l’ancien régime. Ca n’arrivera pas.” Ce que les Européens redoutent de lui, ce n’est peut-être pas tant cet idéalisme démocratique qui en fait un chantre de la guerre préventive, que son penchant à l’unilatéralisme. A la tête de la plus grande tirelire du monde, il lui faudra prouver qu’il peut accepter d’autres valeurs, d’autres visions.