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Dionigi Tettamanzi, "le pressenti"

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Dionigi Tettamanzi, "le pressenti"

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On le surnomme “le pressenti” mais le “souriant” lui irait encore mieux. Le cardinal archevêque de Milan Dionigi Tettamanzi respire la jovialité. A 71 ans, il est considéré comme le favori parmi les papabili italiens, apparaissant comme l’homme du compromis. Cardinal depuis 1998, Jean-Paul 2 le nomme à la tête du diocèse de Milan, le plus grand d’Europe, en juillet 2002. Une nomination, témoignage de l’estime que lui porte Jean-Paul 2 qui le propulse au rang de “pressenti” tout en suscitant jalousies et envies au sein de la Curie romaine. Son profil correspond au portrait dressé par ses pairs du prochain pape. Proche des gens, homme de terrain, il incarne la continuité avec Jean-Paul 2. A la fois pasteur, intellectuel et politique.

Ce théologien né à Renate près de Milan en 1934 sera prêtre pendant de longues années avant d‘être nommé archevêque en 1989. Petit, rond, affable, on le compare souvent à Jean 23, le bon pape, dont il a de faux airs. Conservateur, longtemps centré sur la morale familiale sur laquelle ses positions sont très traditionnelles, il est aussi apprécié des réformateurs pour ses critiques très vives de la mondialisation et du néo-libéralisme. En 2001, lors du sommet des antimondialistes à Gênes, il monte au créneau pour défendre le “droit des pauvres”.

Ses positions lui valent même parfois d‘être taxé de gauchiste ou de révolutionnaire par les plus conservateurs de ses pairs. Il est sans aucun doute un communicateur, ouvert sur le monde et les évolutions de la société. Sa principale faiblesse est qu’il ne parle aucune langue étrangère et qu’il n’a aucune expérience de l’international.