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C’est la doyenne des institutions européennes. Mais son grand âge ne lui épargne pas les crises d’identité. Fondée au lendemain de la seconde guerre Mondiale, elle avait alors toute sa raison d‘être: la paix, la démocratie, la concertation entre les nations. Dans les années 90, nouvelle impulsion. Le rideau de fer s’effondre et le Conseil de l’Europe est le premier à accueillir en son sein les pays d’Europe centrale et orientale. Seulement depuis, l’organisation a comme qui dirait perdu de son lustre. La faute à l’Union européenne, aujourd’hui omniprésente. 25 Etats-membres sur les 46 que compte le Conseil de l’Europe. C’est plus de la moitié.

Trouver sa place dans cette nouvelle donne, l’organisation paneuropéenne le doit pour ne pas devenir une coquille vide. Difficile pourtant de légitimer des conventions quand l’Union européenne se garde le droit de ne pas s’y plier si sa propre législation dit autrement.D’où le ton offensif de René van der Linden, président de l’Assemblée parlementaire du Conseil: “Je ne peux pas accepter que l’Union européenne se livre à une sorte d’OPA de façon très arrogante.” Le Conseil de l’Europe n’en a pas moins ses succès, à commencer par la Cour européenne des Droits de l’Homme, tellement sollicitée qu’elle croule sous les dossiers. Un nouveau protocole doit d’ailleurs permettre d’accélérer les procédures. Jean-Paul Costa, juge à la Cour: “Je pense que le futur de la Cour sera dans le maintien d’un rôle quasi constitutionnel en Europe avec un système de filtrage plus efficace, car beaucoup de requêtes qui nous parviennent sont irrecevables ou manifestement mal fondées.” La démocratie, le dialogue interculturel, la défense des droits fondamentaux sont et resteront les grandes causes du Conseil de l’Europe. Mais ce sommet, c’est aussi l’occasion pour lui de s’affirmer dans d’autres domaines, comme par exemple la lutte anti-terroriste.

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