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Dans le débat sur la nouvelle et très controversée carte d’identité britannique, Tony Blair garde confiance. Son projet de carte biométrique, qui soulève une forte opposition au sein de la population mais aussi chez les politiques, arrive ce mardi, pour la seconde lecture, devant le Parlement britannique. Pour Tony Blair, ce projet ne fait qu’anticiper une évolution naturelle des normes de sécurité mondiale: “Dans les prochaines années, nous allons assister à une vraie révolution des visas et des passeports dans l’Union européenne et tout le monde civilisé. Nous avons l’opportunité d’anticiper, et cette évolution vers des passeports biométriques est une idée désormais arrivée à maturité.”

La mise en place d’un système d’identité biométrique, l’un des projets-phares de la nouvelle législature britannique, suscite de vives réticences, aussi bien d’un point de vue éthique que financier, dans un pays qui n’a connu les cartes d’identités qu’entre 1939 et 1952. Ces nouvelles cartes, dotées d’une puce, seront reliées à un registre d’identité contenant le nom, la date de naissance, la nationalité, le statut d’immigration et l’adresse. Une révolution pas forcément bien vécue… 28 000 personnes ont déjà signé contre la carte sur le site NO2ID, représenté par Phil Booth : “La plupart des gens sont vraiment profondément et moralement offensés par l’idée que le gouvernement va s’introduire dans nos vies.” Dans un premier temps, il ne sera pas obligatoire de la porter, mais seulement de l’avoir, et ce dès 2008. Couplé à cette carte, un passeport biométrique. Un système qui manque de fiabilité selon ses détracteurs, notamment en ce qui concerne la lecture de l’iris chez les noirs et les plus de 60 ans. Au-delà de la peur de Big Brother, c’est le coût du projet qui inquiète. La carte coûterait 93 pounds par personne, soit 135 euros. Les conservateurs, comme David Davies, n’y croient pas: “Les gens y voient l‘équivalent plastique de la Poll Tax, on annonce 100 pounds, mais cela pourrait être trois fois plus pour tous les documents incluant la carte, une somme énorme…” Malgré les arguments avancés par le gouvernement sur les vertus de la carte lutte contre le terrorisme, la fraude à la sécurité sociale et l’immigration irrégulière la suspicion l’emporte. Le point de vue d’Eamon Coy, représentant du syndicat GMB : “Est-ce que l’on ne va pas vendre cette base de données à des entreprises pour faire des profits ? Et peut-on imaginer les implications de la divulgation de ces informations à n’importe qui, simplement pour financer et aider le gouvernement à sortir de l’ornière dans laquelle il s’est mis ?”. Le Ministère de l’intérieur nie et trouve insensé que l’on pense que la base de données puisse être vendue au secteur privé. Le Home Office a cependant confirmé que les banques pourront procéder à des vérifications d’identité à partir de cette base d’informations.

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