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Le chancelier allemand tente une partie de poker

L’homme qui, vendredi, posera la question de confiance aux députés allemands n’avait pas hésité à sourire au lendemain d’une défaite pourtant cuisante. Gerhard Schröder est un battant. Il allait une nouvelle fois le montrer au cours de la réunion hebdomadaire de son parti, le SPD, le parti social-démocrate.

La veille, le 22 mai 2005, le SPD perdait un fief, la Rhénanie du Nord-Westphalie, dans son giron depuis 39 ans. Le Chancelier annonçait la convocation d‘élections anticipées.“Avec les mauvais résultats enregistrés par mon parti en Rhénanie du Nord-Wesphalie, le soutien nécessaire à la poursuite de nos réformes doit être à nouveau demandé” avait-il déclaré. Les piètres résultats du SPD en Rhénanie du Nord-Wesphalie avaient sonné comme un désaveu du programme de réformes, véritable pierre angulaire du gouvernement en place. Approuvé à une écrasante majorité par les deux chambres du parlement en décembre 2003, il proposait une combinaison de réductions fiscales, mais aussi de réduction des prestations sociales. De quoi alimenter le mécontentement des Allemands. Les vagues de protestation ne vont cesser de déferler tout au long de l’année 2004. Des rouleaux alimentés par ceux dont le niveau de vie repose sur la générosité de l’Etat Providence. Un système qui bat de l’aile. Plombé par le chômage, l’Etat plonge, la dette grimpe. Schröder était pourtant parvenu à rallier les électeurs à sa cause au cours des législatives de 2002. Son crédo était alors : le but de mon travail est d’en donner à tous. Annoncé largement battu par les sondages, ce pragmatique, tenant d’une “Realpolitik” sociale, avait renversé la tendance en s’opposant à la guerre en Irak. Mais cette fois-ci, la gageure est risquée. Les allemands paraissent immunisés contre le charisme de leur chancelier. Sa côte de popularité est désormais inférieure à celle de sa rivale conservatrice, Angela Merkel. Pour Gerard Shröder, la partie de poker parait décidément bien mal engagée.
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