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Commémoration du dixième anniversaire du massacre de Srebrenica

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Commémoration du dixième anniversaire du massacre de Srebrenica

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50 000 personnes sont attendues aujourd’hui à Srebrenica pour le 10è anniversaire du massacre commis dans cette petite ville de Republika Srpksa.

A l’entrée de la ville, à Potocari, le cimetière commémoratif doit accueillir 610 nouveaux corps de victimes identifiées. Plus de 1 300 y ont déjà été enterrés depuis 2003. Mais nombre de corps restent à identifier. Un nouveau charnier a ainsi été mis a jour récemment. Juillet 1995. Les forces serbes de Bosnie poursuivent leur offensive dans le nord-est de la Bosnie-Herzégovine. Les civils musulmans se réfugient à Srebrenica, ils espèrent y être à l’abri. L’enclave musulmane résiste tant bien que mal, elle est défendue par les milices fidèles au gouvernement bosno-musulman de Sarajevo. Mais faute d’armement, les miliciens se retirent et le 11 juillet 1995, Srebrenica tombe. La ville devient un piège mortel pour des milliers de civils, des musulmans bosniaques. Srebrenica, comme cinq autres villes de Bosnie-Herzégovine, était placée en “zone sûre” par les Nations unies, elle était censée être protégée par l’Onu. Ici les forces onusiennes étaient autorisées à employer la force et à demander l’aide de l’OTAN. Mais c’est avec impuissance que le bataillon de casques bleus néerlandais assiste aux évènements. Pris en otage par les forces serbes, les soldats onusiens ne peuvent rien faire pour les 20 000 réfugiés qui se pressent autour de la base de Potocari. Ils assistent aux manoeuvres des troupes serbes ordonnées par le général Ratko Mladic. D’un côté les femmes et les enfants, embarqués dans des bus et déportés hors de l’enclave. De l’autre, les hommes de 12 à 77 ans, emmenés pour “interrogatoire”, en échange de la libération de 14 casques bleus. Une vidéo, la première, a été diffusée il y a un mois. Elle révèle le véritable sort qu’ont subi 8 000 musulmans. Tués sans état d‘âme, d’une une plusieurs balles dans le dos. Pour la première fois en dix ans, l’horreur de Srebrenica était visible. Le visage du génocide, montré devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). Srebrenica ne s’en est jamais remise. Près de dix ans après la fin de la guerre, la ville-martyre est sinistrée et sombre dans la pauvreté. Aujourd’hui, elle ne compte plus que 7 000 habitants. Avant la guerre, 37 000 personnes vivaient à Srebrenica.