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Le Pakistan durci sa ligne contre les extrêmistes

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Le Pakistan durci sa ligne contre les extrêmistes

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Après les révélations sur les kamikazes de Londres, le président Pakistanais a réagi avec la poigne dont il est coutumier depuis 3 ans. Allié des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme, Pervez Musharraf dénonçait lundi dernier les attentats de Londres et lançait une vague de répression dans les milieux islamistes. Mercredi il s’adressera à la nation au sujet de ces événements. La question est omniprésente dans le pays, depuis que l’on sait que trois des terroristes sont passés par Karachi comme le montrent ces certificats d’immigration. Tous trois citoyens britanniques d’origine pakistanaise. Quel était le motif précis de leur voyage? Une question à laquelle les services de renseignement pakistanais n’ont pas encore répondu. Pour l’instant une seule chose est sûre : l’un de ces trois kamikazes, Shehzad Tanweer a fréquenté brièvement une école coranique, et a eu des contacts avec un groupe extrémiste clandestin. Des milliers de madrassa comme celles-ci existent au Pakistan et accueillent un million et demi d’enfants. Dans ce pays pauvre, où l‘éducation est un privilège réservé aux élites, ils y suivent quelques matières générales mais y apprennent surtout le Coran par cœur.

Beaucoup voient dans certaines de ces écoles de véritables usines à produire des djihadistes. Des descentes nocturnes ont eu lieu cette semaine dans plusieurs madrassa controversées, avec des dizaines d’arrestations. Depuis septembre 2001, le Pakistan est devenu un acteur incontournable de la lutte contre le terrorisme islamiste. Le pays est à la fois une base arrière et un champ de bataille de cette guerre. Six attentats particulièrement meurtriers ont visé des mosquées ces trois dernières années. Beaucoup de terroristes trouvent refuge dans les zones tribales à la frontière de l’Afghanistan. on trouve là toute une pléiade de groupes extrémistes, dont al Qaida et les Talibans. Malgré de nombreuses arrestations, et la livraison aux Etats-Unis de 700 suspects, la campagne anti-terroriste des pakistanais est loin d’avoir abouti. Les analystes pointent du doigt une politique vieille de 25 ans qui a ménagé certains groupes extrémistes pour servir ses intérêts au Cachemire et en Afghanistan.