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Pour son anniversaire, la Belgique a le blues

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Pour son anniversaire, la Belgique a le blues

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175 ans après sa fondation, la Belgique a le blues. Le système basé sur deux communautés est en effet dans une impasse. L’Etat fédéral, créé il y a 25 ans, est miné par des conflits politiques entre la majorité flamande néerlandophone et les Wallons francophones. Même si une majorité de Belges est contre une partition du pays en deux entités distinctes.

“Depuis quelques années une crise sévit, mais elle est essentiellement politique, réagit un Bruxellois. Je crois que la majorité de la population est fondamentalement belge et veut rester belge”. “Bien sûr que je suis pour l’unité du pays. Vive la Belgique”, lance une femme. “Nous avons nos propres problèmes en Belgique comme partout ailleurs et je ne crois pas à une partition”, renchérit un autre. “Les francophones sont des gens un peu différents, mais c’est la Belgique, avec deux visages différents”, conclut un homme.

La crise politique entre les deux communautés est notamment nourrie par les dures prises de position anti-Belgique d’une minorité d’extrémistes flamands qui influence même les partis modérés, explique le professeur Steffan Fries de l’université de Louvain : “Peu de gens souhaitent la partition du pays, mais il y a une différence entre la volonté des gens et ce qui se passe au niveau politique. Ils refusent de faire des compromis sur des questions hautement symboliques”.

En mai dernier, le gouvernement a frôlé la démission suite à de violents échanges entre les deux communautés lors d’un conflit linguistique et administratif à Hal et Vilwoorde, deux circonscriptions de Bruxelles-capitale, mitoyennes avec la région flamande, et où vit une importante minorité francophone. Pour Benoît Pilet, professeur de l’Institut d‘études européen, le système fédéral a là aussi une part de responsabilité : “Selon le système fédéral belge il n’y a que deux acteurs, et donc dans les négociations on est toujours face au même adversaire. On doit négocier avec la même personne, celle avec laquelle il y a des tensions. Donc c’est un système fédéraliste à deux acteurs, où l’on a toujours le même adversaire face à soi”. Un adversaire avec qui il faudra pourtant bien s’entendre pour que la Belgique sorte de cette impasse et reprenne des couleurs.