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Ahmadinejad : l'ultra-conservateur veut rassurer

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Ahmadinejad : l'ultra-conservateur veut rassurer

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Un style simple, une allure modeste. Mahmoud Ahmadinejad a l’air de Monsieur-Tout-le-Monde. Et c’est notamment grâce à cette image, que le maire de Téhéran, a remporté, à la surprise générale, une victoire écrasante aux présidentielles. Malgré des menaces sur les réformes, les Iraniens ont mis leurs espoirs en cet homme qui dit vouloir oeuvrer pour les démunis et combattre la corruption.

Lors de la campagne électorale, il a notamment raconté combien les mafias pullulaient lorsqu’il est arrivé à la mairie, en 2003.A cette époque, Mahmoud Ahmadinejad est un quasi-inconnu pour les Iraniens. Il se montre proche des classes populaires, prend des mesures en leurs faveurs,notamment des prêts sans intérêt à plus de 150 000 jeunes. Il est également à l’origine de restrictions culturelles. Il prône le retour aux valeurs de la révolution de 1979. Depuis son élection en juin dernier, il tente de rassurer et de se montrer plus modéré sur le plan intérieur comme international. Le climat en Iran est tendu. L’assassinat, ce mardi, d’un haut-magistrat iranien à Téhéran le crispe davantage. Il s’agit du juge Massoud Moghadassi, un dur parmi les durs, qui avait condamné le dissident iranien Akbar Ganji. Quant à la politique extérieure, elle ne pourrait être en pire crise avec l’affaire nucléaire et la menace pour le pays de se retrouver condamné par le conseil de sécurité de l’onu. Pour Téhéran, le nucléaire est un enjeu de fierté nationale. L’Iran ne se laissera pas dicter sa conduite, et encore moins par ceux qui l’ont classé dans l’Axe du mal. Le nouveau président iranien a été clair, “la main de l’amitié est tendu à l‘étranger”, exception faite des Etats-Unis. Autre dossier qui pourrait mettre de l’huile sur le feu : l’affaire de la prise d’otage de l’ambassade américaine en 79, à laquelle Ahmadinejad aurait pris part d’après certains témoins. Les autorités américaines n’ont pas établi s’il avait participé ou non à cette opération. “Les recherches continuent”, a confirmé le porte-parole de la Maison-Blanche, la semaine dernière. Les autorités iraniennes, elles, ont nié toute implication d’Ahmadinejad. Pour l’heure, c’est surtout l’avenir qui est source d’inquiétudes. La présentation du futur gouvernement fournira d’autres indications sur les intentions du nouveau président iranien.