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Allemagne : qu'en sera-t-il de la politique étrangère?

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Allemagne : qu'en sera-t-il de la politique étrangère?

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Réunion de campagne pour ces Allemands de Bruxelles. Militants du parti des Verts, ils redoutent l’alternance politique dans leur pays après les élections de dimanche. Depuis sept ans, c’est leur leader, Joschka Fischer qui incarne la politique étrangère de l’Allemagne. En cas de coalition conservatrice-libérale, qu’en serait-il de la politique extérieure? La réponse du dirigeant local des Verts :

“Malheureusement, la politique extérieure n’est pas un enjeu majeur de ces élections. Quelque soit le gouvernement qui dirige le pays, il maintiendra plus ou moins le cadre politique actuel. Il se maintiendra dans le cadre européen et restera fermement allié à la France.” Et pourtant. Celui qui deviendrait probablement le ministre des Affaires étrangères, Wolfgang Gerhardt, plaide pour un renforcement des relations avec les Etats-Unis, l’Angleterre et les nouveaux Etats-membres de l’UE. Une orientation qui n’est pas de très bon augure pour le couple franco-allemand. L’eurodéputée libérale, Silvana Koch : “L’amitié franco-allemande ne peut pas devenir l’alliance de l’arrogance, comme quelqu’un l’a déjà dit. Je pense qu’avec un nouveau gouvernement, il y aura davantage de coopération entre le Royaume-Uni et l’Allemagne, en particulier en ce qui concerne le débat sur les perspectives financières de l’Europe.” Depuis le sommet de juin, ce débat sur le budget 2007-2013 est au point mort. Paris et Londres se sont durement affrontés sur le sujet. L’Allemagne a beau avoir réclamé des concessions de part et d’autre, aucun accord en vue, malgré le risque de paralysie des institutions. Pour l’analyste Guillaume Durand, un élargissement du noyau dur de l’Union européenne serait nécessaire pour surmonter la crise. “La relation avec la France demeurera en tout état de cause un pilier de la politique allemande. Cependant, avec une Europe à 25, et bientôt davantage encore, cette relation doit s’ouvrir à d’autres pays. En fait, l’alliance franco-allemande pourrait ne pas avoir la masse critique nécessaire pour faire des propositions susceptibles de faire avancer l’Europe.” La candidate à la chancellerie Angela Merkel a d’ores et déjà rendu visite au président Chirac, preuve que si le couple-moteur ne sera plus exclusif, il sera en tout cas préservé.