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Allemagne : la place de la Turquie dans l'UE divise la classe politique

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Allemagne : la place de la Turquie dans l'UE divise la classe politique

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Membre à part entière de l’Union européenne ou partenaire privilégié ? Le statut de la Turquie vis à vis de l’UE divise profondément la classe politique allemande. Si les sociaux-démocrates – Gerhard Schröder en tête – plaident pour une adhésion pleine et entière, le camp conservateur milite pour un partenariat privilégié. Une position qui n’est pas forcément immuable estime Peter Gros, analyste au Centre d‘étude des politiques européennes :

“La décision d’entamer au moins les négociations d’adhésion est prise et n’est pas remise en cause par les conservateurs. Et puis on va voir dans les années qui viennent comment la Turquie évolue. Je ne crois pas qu’il y ait besoin de décider quoi que ce soit a court terme”.

Bahadir Kaleagasi, représentant permanent de l’Association des entreprises turques, rejette catégoriquement l’idée de “partenariat privilégié” défendue par les conservateurs :“Les négociations commenceront le 3 octobre, et il sera de plus en plus évident que cette proposition de partenariat privilégié n’est qu’une coquille vide, c’est même indécent”. Traditionnellement pro-américains, les conservateurs allemands se démarquent des Etats-Unis sur la question turque. Washington soutient l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Une différence qui ne pose pas de problème à Thomas Jensen, coordinateur des militants de la CDU à Bruxelles :“Ce sont les Européens qui doivent faire ce qu’ils considèrent être le mieux, selon leur propre intérêt. Et l’on pourra faire comprendre cela aux Américains plus tard”. 2,4 millions de Turcs vivent en Allemagne, soit la plus importante communauté turque au monde. Par ailleurs, l’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Turquie.