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Ceuta et Melilla, les nouvelles "Terres promises" des immigrants clandestins

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Ceuta et Melilla, les nouvelles "Terres promises" des immigrants clandestins

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Tarifa, Andalousie, dans le sud de l’Espagne. La côte marocaine en face n’est qu‘à une dizaine de kilomètres. Ce point de passage, extrêmement dangereux, est néanmoins trop tentant pour les immigrants clandestins qui rêvent de gagner l’Eldorado européen. Des centaines d’entre eux y ont perdu la vie à bord d’embarcations de fortune mais depuis un an et demi, la coopération renforcée entre les polices espagnole et marocaine a porté ses fruits. Le trafic de clandestins par voie maritime aurait diminué de 24% entre le Maroc et l’Andalousie et de 55% entre la côte marocaine et les îles Canaries.

Du coup, la pression migratoire s’accroît sur les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, petits bouts “d’espace Schengen” dans le nord du Maroc. Les candidats, venus surtout d’Afrique subsaharienne, ne manquent pas. La nuit venue, ils s’organisent comme des commandos et tentent de franchir en force, avec des échelles rudimentaires, la double barrière métallique qui enserre Ceuta et Melilla. Selon la garde civile espagnole, près de 12.000 tentatives ont eu lieu depuis le début de l’année. Melilla a encore subi un assaut massif dans la nuit de mardi à mercredi : 400 clandestins dont la moitié seraient parvenus à entrer dans la ville autonome espagnole, mais pas sans conséquence. Au moins quarante immigrants appartenant à ce groupe ont été blessés, ainsi que cinq gardes civils. Résultat, les centres d’accueil provisoires de Melilla comme de Ceuta sont saturés. Les candidats à l’immigration qui ont tout bravé sont désespérés s’ils échouent. “Ces pauvres gens, a estimé le ministre espagnol de l’Intérieur, il faut aussi leur donner une réponse solidaire en amont, c’est à dire une aide au développement”.