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Le parcours gagnant d'Angela, "la gamine" de Kohl

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Le parcours gagnant d'Angela, "la gamine" de Kohl

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Elle a eu tous les surnoms, petite “Ossie”, “Angie”, la “Margaret Thatcher d’outre-Rhin”, “la gamine” aussi. Une gamine qui a bien et vite grandi. En 15 ans, elle cumule un double record: première femme de l’histoire allemande à diriger le pays, premier leader occidental issu de l’ex-bloc communiste. Angela Merkel est née à l’ouest, à Hambourg en 1954. Son père, pasteur protestant, passe à l’Est. Elle a 3 ans. C’est là qu’elle va grandir. Quand le mur s’effondre en 1989, elle rejoint la CDU. En 1990, elle est porte-parole de Lothar de Maizière, chef conservateur du premier et dernier gouvernement démocratique d’une RDA moribonde.

On est en pleine euphorie de la réunification. Helmut Kohl cherche du sang neuf, si possible de l’Est. Angie est sur la route, elle gagne son premier porte-feuille de ministre: à la famille et à la jeunesse. A ce moment-là, la presse commence à la surnommer “la fille de Kohl”, on voit alors cette timide jeune femme comme le jouet du chancelier, une fantaisie inoffensive. Mais toute réservée qu’elle est, la dame a de l’ambition, pas d‘état d‘âme, une ténacité à toute épreuve. De sa fonction de ministre de l’Environnement en 1994, elle dira que “commencer petit lui aura permis d’apprendre les règles du jeu”. Elle apprend vite. Quand la CDU plonge pour l’affaire des caisses noires, elle sait tirer son épingle du jeu en beauté. C’est elle qui cloue au sol son père en politique, et émerge en sauveur, du scandale. En 2000, les militants la portent à la tête des conservateurs. Mais les ténors du parti ne la jugent pas encore assez connue pour mener les élections. Elle attendra encore son heure, laissant Edmund Stoïber conduire le parti à la défaite. Dès lors, elle a la voie libre pour peaufiner son ascension. Et la presse ne cesse de s‘étonner du phénomène. On la voit en maîtresse femme, en femme fatale, en rouleau compresseur… Pourtant, de sa vie privée rien ne filtre. Remariée à un scientifique, madame la chancelière, qui aime l’opéra, n’apparaître qu’une fois par an au bras de son époux, au festival de Bayreuth.