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Pendant la campagne ils ont mis en avant sur leurs antagonismes. Aujourd’hui Angela Merkel et Gerhard Schröder doivent montrer que leurs deux partis sont capables de mener une politique commune, ce qui n’ira pas sans sacrifice. Le premier pour Merkel : dire adieu à la grande rupture libérale.

Mais au milieu des nombreux compromis à trouver il y a au moins une chose sur laquelle CDU-CSU et SPD s’accordent : c’est le déficit de l‘état.L’objectif est de le ramener en-dessous des 3% du PIB. La liste Koch-Steinbrück du nom de deux ministres, l’un conservateur, l’autre social-démocrate, pourrait ressortir des tiroirs. Elle prévoyait la suppression de nombreuses exemptions fiscales. Pour le reste des questions fiscales, la CDU devrait abandonner son projet d’augmentation de la TVA de 2 points. Le SPD est contre. Même divergence sur la question des taxes sur les hauts salaires. Le seul point de convergence concerne l’impôt sur les sociétés que les deux camps se sont accordés à baisser de 25% à 19%. L’emploi, talon d’achile de l‘économie allemande, pourrait pâtir de cette coalition, les grands réformes préconisées par les économistes n’auront sans doute pas lieu. A part la baisse de l’impôt sur les sociétés, pas de grand changement en vue pour le marché du travail. La CDU-CSU souhaitait faciliter les licenciements dans les PME, mais le SPD ne veut pas en entendre parler. Autre question épineuse, la santé. Il s’agit sans doute du domaine où les positions sont les plus radicalement divergentes. Pour gouverner ensemble, les deux partis devront renoncer à leurs conceptions. Celle du SPD est celle d’une assurance citoyenne : les socio-démocrates préconisent une sorte de Contribution sociale généralisée sur le modèle françaisoù chacun serait amené à cotiser en fonction de ses revenus. Les conservateurs eux avaient concocté une réforme radicale dans laquelle chaque contribuable aurait à verser la même somme forfaitaire chaque mois. Quant à la politique étrangère, la relation transatlantique risque de se porter mieux. Certes Angela Merkel a exclu d’envoyer des troupes en Irak, mais elle devrait plus ouverte aux propositions de George W.Bush. Concernant la Turquie, là c’est le grand écart. Les positions des conservateurs et des socio-démocrates semblent difficilement réconciliables. Tout au long des négociations la CDU continuera de promouvoir un “partenariat privilégié” avec Ankara, concept-leitmotiv d’Angela Merkel.

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