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L'Allemagne face à la candidature turque

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L'Allemagne face à la candidature turque

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L’Allemagne et la Turquie. Ce sont d’abord des liens tissés depuis plusieurs décennies avec la présence de 2 millions cinq cent mille turcs sur le sol allemand. C’est la communauté étrangère la plus importante du pays, qui a commencé à s’installer en Allemagne en 1961 lorsque les deux pays signent une convention sur le recrutement de main d’oeuvre. Venus d’abord comme “gastarbeiter” travailleurs invités, ils vont progressivement rester, tout en gardant leurs liens avec la Turquie.

A partir des années 80, le nombre d’entrepreneurs turcs sur le sol allemand va progresser fortement. C’est le cas de Hayati Onel, devenu citoyen allemand en 1989. Il a crée une imprimerie à Cologne en 1982 qui emploie aujourd’hui 18 personnes. Voici son avis sur l’adhésion turque à l’Union : “Pour la plupart des 60 000 entrepreneurs, l’accession de la Turquie à l’Union européenne est cruciale. Les petites et moyennes entreprises turques vont investir en Europe, et en particulier en Allemagne, tout comme le font d’ailleurs les entreprises allemandes en Turquie.” L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la Turquie. Une relation privilégiée que le chancelier sortant, Gerhard Schöder, a mis en avant comme argument en faveur de la candidature turque à l’Union : “Depuis 40 ans, la Turquie s’est entendu dire par les gouvernements allemands successifs qu’elle avait des chances de rejoindre l’Europe. Ces attentes ne doivent pas être anéanties. Il en va des intérêts géostratégiques de l’Europe comme de l’Allemagne et de l’intérêt national allemand également.” La position du SPD de Gerhard Schröder est à l’opposé de celle de la CDU. Angela Merkel s’en expliquait devant les électeurs lors de la dernière campagne électorale : “L’Europe ne peut se faire sans frontières. C’est ce que nous pensons fermement et nous ne pouvons promettre à la Turquie une adhésion pleine et entière, mais à la place un partenariat priviligié.” Pour les turcs d’Allemagne, partisans de l’adhésion, c’est maintenant l’incertitude. Quelle sera la position de Berlin avec Merkel à la chancellerie ? Dans le partage des postes au sein de la grande coalition, les socio-démocrates, favorables à la candidature turque, ont reçu le poste clé du ministère des Affaires étrangères…