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"Une journée particulière" en Irak

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"Une journée particulière" en Irak

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Deux ans après sa capture par les troupes américaines, les Irakiens ont pu voir, hier, leur ex-Président traduit devant un tribunal et devant répondre de l’un de ses crimes. Un moment historique attendu par certains depuis près de 24 ans.

“Il a fait de nous des veuves et de nos enfants des orphelins. Il nous a pris nos hommes” explique une vieille femme. Qu’ils soient hostiles ou favorables au procès qui s’est ouvert dans locaux de l’ancien siège du parti Baas, les Irakiens ont suivi avec ferveur cette première journée d’audience. Saddam Hussein, y est apparu fidèle à lui-même, entouré de ses sept co-accusés. Face à lui, un magistrat d’origine kurde, réputé pour son courage et son impartialité, qui a su faire preuve d’habileté lors des débats. Des débats qui ont d’ailleurs tourné court, puisqu’après lecture de l’acte d’accusation, le procès a été ajourné au 28 novembre. Dans la ville de Doujaïl, où les baassistes sont accusés d’avoir massacré en 1982, 143 habitants, toutes les télévisions diffusaient le procès et nombre de voix s‘élevaient pour réclamer une exécution immédiate. Un homme affirme vouloir se rendre au Tribunal pour témoigner contre l’ex-dictateur et lui demander les raisons de son crime. A Tikrit, ce procès qu’on qualifie de farce, a été vécu comme une ultime humiliation pour les Sunnites. Tribunal d’exception sous influence étrangère, pour les uns, juste revers et victoire du droit, pour les autres, l’Irak a écrit, hier, une page importante de son histoire.