DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

Emeutes de Clichy : la France confrontée de plein fouet à la crise des banlieues

Vous lisez:

Emeutes de Clichy : la France confrontée de plein fouet à la crise des banlieues

Taille du texte Aa Aa

Le 25 octobre dernier à Argenteuil dans la banlieue parisienne, le ministre de l’Intérieur n’avait pas mâché ses mots : “Vous en avez marre? Vous en avez assez de cette bande de racailles? On va vous en débarrasser!”. Un ton qui illustre la politique de Nicolas Sarkozy. Mais pour ses détracteurs, ses dérapages médiatiques autant que sa politique de tolérance zéro ne permettent pas d’apaiser les banlieues.

A l’origine des émeutes de Clichy-sous-Bois, les circonstances imprécises du décès de deux adolescents, morts électrocutés dans un local transformateur EDF alors qu’ils se croyaient poursuivis par la police. Une thèse réfutée par les autorités. La violence éclate : les jeunes prennent pour cible des symboles de l’Etat, la poste, la mairie, la police et même les pompiers. A Paris la ligne dure de Sarkozy est critiquée au sein même du gouvernement, notamment par le ministre délégué à la Promotion de l‘égalité des chances, Azouz Begag, lui-même issu des banlieues chaudes lyonnaises : “Faut pas dire aux jeunes qu’ils sont des racailles! Faut pas dire aux jeunes qu’on va leur rentrer dedans, qu’on va leur envoyer la police. Il faut y aller avec une volonté d’apaiser…” Les émeutes de Clichy-sous-Bois projettent sur le devant de la scène la crise profonde que vivent les banlieues françaises. Des quartiers où le niveau de révolte se mesure au nombre de voitures brûlées chaque année. Le maire de Clichy-sous-Bois, Claude Dilain, estime qu’il est urgent de réfléchir au problème : “Il va falloir que notre société, avec un petit peu moins d’hypocrisie, se penche sur le règlement de ces zones de grandes difficultés sociales, économiques et culturelles de façon à ce que la poudrière n’existe pas.” Le tout-sécuritaire de Nicolas Sarkozy peut-il apporter la réponse tant attendue? Les éducateurs sociaux croient plutôt au dialogue et à la proximité. La prévention plutôt que la répression. Quant aux habitants de Clichy-sous-Bois, ils attendent tout d’abord des éclaircissements sur la mort des deux adolescents.