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Irak : les Etats-Unis ont-ils utilisé des armes chimiques?

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Irak : les Etats-Unis ont-ils utilisé des armes chimiques?

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Des journalistes italiens ont enquêté. La réponse serait oui. Le 9 novembre 2004, l’armée américaine lance l’offensive sur Falloujah, une ville de 300 000 habitants, alors entre les mains de bandes d’insurgés. L’Etat-major américain ne sait pas combien de civils ont pu fuir le siège lorsque l’assaut est donné. Un assaut précédé d’une nuit brûlante.

Nous sommes le 8 novembre, le jeûne du ramadan s’achève. Des explosions de phosphore blanc illuminent le ciel de Falloujah. Eclairer les positions de l’ennemi, ce doit être le seul usage de cette substance. Mais les Américains seraient allés beaucoup plus loin que cela, d’après le documentaire de la télévision italienne Raï News 24. Ses journalistes ont rencontré deux anciens soldats américains: Jeff Englehart et Garett Reppenhagen. Ils étaient là-bas. Et à la question, “a-t-on utilisé des armes chimiques à Falloujah?”, Jeff répond “oui”, sans hésitation: “Je sais que du phosphore blanc a été utilisé, et c’est sans l’ombre d’un doute une arme chimique.” “Je l’ai entendu à la radio. Nous avions des hauts-parleurs dans nos camions, la transmission est très audible. Ils ont dit : dans 5 minutes, on bombarde avec des Whisky Pete le jargon militaire pour désigner le phosphore blanc.” “Le phosphore blanc se disperse en nuage et quand il entre en contact avec la peau, il cause d’irréversibles dommages, il brûle la chair jusqu‘à l’os.” “J’ai vu des corps brûlés, des enfants brûlés, des femmes… Le phosphore blanc tue sans discrimination. Il forme un nuage, et à 150 mètres à la ronde, il brûle tout être humain ou animal.” Le 18 novembre 2004, le docteur Mohamed haddid et son équipe ont eu l’autorisation d’entrer dans Falloujah. Ils ont filmé. Ils avaient pour mission d’identifier et d’enterrer les cadavres. Seuls les vêtements restés intacts leur ont permis de distinguer les civils des miliciens. Une image satellite montre Falloujah quelques jours après l’assaut des forces américaines. Une ville dévastée… On ne saura sans doute jamais combien de personnes sont mortes à Falloujah. Et jusqu’ici les Etats-Unis ont toujours catégoriquement démenti l’utilisation d’armes chimiques en Irak.