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De toutes évidences, les attentats de juillet ont marqués les Londoniens : 7 Britanniques sur 10 étaient favorables à la prolongation des gardes à vue dans les affaires de terrorisme. Cette disposition controversée du paquet législatif que gouvernement a échoué à faire adopté, prévoyait un allongement à 90 jours des détentions provisoires contre 14 jours actuellement.

D’autres points, comme la possibilité offerte aux suspects de devenir des informateurs, n’ont pas suscité tant de débats. La prolongation des gardes à vue sans inculpation était critiquée au sein même du Labour. Selon Emily Thornberry, députée travailliste : “Le système britannique est basé sur l’idée que nous pouvons commettre des erreurs sinon nous n’aurions même pas besoin de procès. La police n’aurait plus qu‘à mettre les gens en prison. Mais la police aussi fait des erreurs”. Les défenseurs des droits de l’homme s’inquiétaient, eux aussi, des conditions de détention et des conséquences que ces conditions pourraient avoir sur la fiabilité des enquêtes. Pour Michael Mansfield, spécialiste en droits civiques, “lorsque vous êtes prisonnier dans un centre de haute sécurité comme celui de Belmarch, il est prouvé que les conditions de détention conduisent à une détérioration de votre santé physique et mentale. Dans ces circonstances, on risque d’en revenir à de faux aveux”. D’autres estiment au contraire que les enquêtes liées au terrorisme sont très différentes des enquêtes traditionnelles. Bob Milton est un ancien officier spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Il était convaincu du bien fondé d’une telle prolongation : “La véritable enquête ne commence pas avant que nous ayons formellement arrêté le terroriste. Il nous faut d’abord trouver des preuves, perquisitionner des ordinateurs, enquêter à l‘étranger, traduire des documents. Difficile de faire tout ça en 14 jours”. Le vote de cette législation était pourtant essentiel pour Tony Blair. Le Premier ministre britannique n’a pas réussi à faire passer son projet. Pire, il risque de perdre une autorité déjà vacillante au sein du gouvernement.

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