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Craig Mundie, Monsieur Microsoft en Europe

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Craig Mundie, Monsieur Microsoft en Europe

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Tout le monde connaît le patron de Microsoft Bill Gates, mais moins nombreux sont ceux qui connaissent son numéro 2. Craig Mundie est le vice-président du géant informatique américain.Alors que l’Union européenne tente de réguler le marché de la concurrence dans le secteur des technologies de l’information, Euronews a rencontré ce businessman politicien, responsable de la politique et de la stratégie de Microsoft à travers le monde. Une interview qui s’est déroulée à Lisbonne dans le cadre de l’université d‘été du Réseau European Ideas Network, un think-tank européen, créé par le Groupe PPE-DE au Parlement européen.

Sergio Cantone, EuroNews:Les nouvelles technologie reviennent en force mais ne craignez-vous pas une nouvelle bulle technologique comme en 1999? Craig Mundie, Microsoft Senior Vice President:“Non, quand je pense aux technologies de l’information dans leur ensemble, je ne pense pas à quelque chose qui s’est créé pour disparaître. En fait la bulle internet est née des nouvelles opportunités liées aux technologies de l’information et des communications, et le monde entier y a investi des sommes d’argent astronomiques. Maintenant nous entrons dans une phase de stabilisation. Les tendances sous-jacentes dans les technologies de l’information se sont améliorées tranquillement depuis et j’espère que ça va continuer.” Euronews:Les Indiens et les Chinois sont des gens spécialement doués dans le secteur de la haute technologie. Pensez-vous qu’un jour l’Europe sera à la traîne derrière ces deux géants? Craig Mundie:“Je pense que la Chine et l’Inde se sont investis différemment pour participer aux industries des technologies de l’information. En fait, ils ont investi dans des voies fondamentales et cela, ça fait longtemps que l’Europe ne le fait plus. Avoir porté un intérêt aussi grand pour l’ingénierie et les sciences de l‘éducation à chaque niveau du système, fait qu’ils produisent plus d’ingénieurs spécifiquement formés pour ces disciplines que l’Europe. En fait, le ratio est probablement de 5 pour 1 aujourd’hui.” Euronews:En tant que représentant de Microsoft, pensez-vous qu’il est plus difficile de travailler dans l’Union européenne que n’importe où ailleurs? Craig Mundie:“Si vous parlez des professions intellectuelles, spécialisées, l’Europe possède encore un vivier de grands talents qui s’est développé pendant longtemps dans ce domaine technologique. Malheureusement ce vivier vieilli et son renouvellement n’est pas assez rapide. Les institutions éducatives ne permettent pas de régénérer ce vivier au même rythme que les autres pays. La Chine et l’Inde, encore jeunes dans leur processus de développement, ont une propension à inventer eux-mêmes les nouvelles technologies. Ils sont clairement désireux de le faire et sont en train de bâtir les fondations pour le faire dans les prochaines années.” Euronews:Pensez-vous que les décisions des autorités anti-trust et la loi sur les brevets de logiciels discutée au parlement européen entrave l’activité de votre entreprise dans l’Union européenne ? Craig Mundie:“Franchement, les problèmes qu’a rencontré microsoft et plus largement les industries concernées par la propriété intellectuelle, et le débat autour de cette question de propriété intellectuelle, met microsoft à l‘épreuve. Je pense que la question fondamentale c’est de savoir comment l’Europe va gérer l‘émergence de ce business des technologies, comment elle va pouvoir en faire quelque chose de durable avec ce type de lois. Et si elle n’y arrive pas, il faudrait parvenir à mettre en place un standard mondial de protection de la propriété intellectuelle. Standard qui existe aux Etats-Unis, au Japon et qui, j’espère, sera mis en place en Chine et en Inde. Euronews:Pensez-vous que les pays européens auront besoin d’importantes réformes sociales pour devenir compétitifs à l‘échelle mondiale? Craig Mundie:Voici l’expérience que j’ai au regard de ce qui se passe en Chine, en Inde et dans les autres pays d’Asie: Ils ont un tel pourcentage de gens qui vit dans l’assistance ou dans la pauvreté, que pour eux le défi est vraiment de faire de ces gens des membres productifs de la société. Ils savent qu’il n’est pas question de se contenter de les assister. Ils doivent les rendre productifs, et je pense qu’ils voient la technologie comme un moyen d’y parvenir. Quant aux réformes sociales, d’après ce que j’ai entendu ici, parce qu’il y a un faible pourcentage de gens qui vit dans cet état d’assistance ou de pauvreté, on se focalise encore beaucoup sur la manière de les aider. Et je pense qu’il doit y avoir un équilibre, entre ce qu’on peut faire pour aider et protéger ces gens, et les rendre productifs au sein de la société.”