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Sommet de l'information à Tunis : pour plus de solidarité numérique

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Sommet de l'information à Tunis : pour plus de solidarité numérique

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En présence du secrétaire général de l’Onu, Kofi Annan, le président tunisien Ben Ali a inauguré cette rencontre à laquelle participent une cinquantaine de chefs d’Etat et de gouvernement, originaires pour la plupart de pays pauvres et Au coeur des débats, la gouvernance de l’internet, son contrôle et sa sécurité, et aussi la fracture numérique entre nord et sud. Trois jours de travaux, le plus grand sommet jamais organisé par les Nations-Unies avec près de 23.000 délégués, et déja une atmosphère lourde après l’agression par des inconnus d’un journaliste français en plein Tunis. Services de contrôle omniprésents, incidents en série relancent les interrogations internationales sur la liberté de la presse dans le pays…

Des grèvistes de la faim pour la liberté d’expression A l’ombre du sommet, dans une maison de Tunis, se tient une toute autre réunion. Celle-ci rassemble sept opposants au régime, des militants tunisiens pour les droits de l’homme. Depuis le 18 octobre, ils font une grève de la faim, pour réclamer la liberté d’expression. Parmi eux se trouve le président du Syndicat des journalistes, Lotfi Hajji. Pour lui le problème en Tunisie, cen’est pas le développement d’internet: “ Ce n’est pas le problème, ce n’est pas avec la formation technique qu’on aura une presse libre et moderne. C’est avec la liberté qu’on l’aura. Il y a aussi le problème de l’autocensure : à chaque fois ils disent qu’on est en train de faire de l’autocensure. Nous, nous disons que la censure est le problème essentiel pour la presse tunisienne.” S’autocensurer pour ne pas subir les pressions de la censure, une pratique courante chez les journalistes tunisiens, dénoncée par ces militants. Atteintesà la liberté d’expression, à la démocratie tout simplement, comme l’explique cet autre grèviste, Nejib Chebbi, secrétaire général du Parti démocratique progressiste : “La détérioration de la situation politique a atteint un point, un peu avant la grève, qui était devenu intolérable pour tous les tunisiens. Toute forme d’expression libre et pacifique était interdite.” Au ministère des Affaires Etrangères, on a une toute autre version de la situation des libertés dans ce pays. Abdallah Abdelwahab, au micro d’EuroNews : “Il y a, surtout dans certains pays européens, je ne veux pas citer des noms, une focalisation excessive sur ce problème-là. Comme si la Tunisie était le contre-exemple de la démocratie ou des libertés. Moi je réfute absolument ce jugement-là.” Mais les militants des droits de l’hommme persistent, ils réclament la libération de 401 prisonniers politiques considérés comme des détenus de droit commun par le pouvoir.