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L'affaire des prisons secrètes de la CIA révèle un fossé immense entre E-U et Europe

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L'affaire des prisons secrètes de la CIA révèle un fossé immense entre E-U et Europe

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Tous les journaux européens ont fait leur “une” cette semaine sur l’existence présumée de prisons secrètes américaines en Europe et l’utilisation d’aéroports européens par la CIA pour des transports de prisonniers islamistes… Et chaque pays de s’interroger sur son implication éventuelle. Condoleeza Rice, qui venait en Europe pour ressérer les liens transatlantiques, s’est vue contrainte de se justifier au fil des conférences de presse tout en défendant la vision américaine de la lutte contre les terroristes.
“Beaucoup sont extrêmement dangereux, a t-elle déclaré, et certains ont des informations qui pourraient sauver des vies, peut-être même des milliers de vies. Les terroristes prisonniers, au 21e siècle, ne vont pas avec les systèmes traditionnels de justice criminelle ou militaire qui ont été conçus pour des besoins différents. Nous devons nous adapter.” Et c’est là toute la différence de conception entre Américains et Européens sur la lutte contre le terrorisme. Depuis le 11 septembre, les Américains considèrent la menace terroriste comme proche et imminente et tous les moyens sont permis pour se protéger, y compris s’il faut outrepasser la légalité.

Or l’existence sur le sol européen de prisons secrètes où les prisonniers seraient retenus sans procédure ou même torturés, ainsi que l’utilisation d’aéroports européens à de telles fins sont illégales en europe. La Roumanie, parmi les pays soupçonnés, se defendait dès le mois dernier sur notre antenne par la voix de son président : “Nous n’avons pas de telles installations pour la CIA en Roumanie et nous n’accepterons pas que quique ce soit parle de cela”. L’enjeu est grand pour la Roumanie, candidate à l’Union, comme pour la Pologne, déjà membre, toutes deux partenaires des Américains dans la guerre en Irak. “S’il était prouvé qu’un membre ou qu’un candidat à l’Union permette ou ait permis l’existence de ces prisons sur son territoire, affirme Franco Frattini, commissaire européen à la justice, nous aurions le devoir de déclarer une violation sérieuse des traîtés européens”. Condoleezza Rice a promis de répondre à une lettre écrite par la Présidence britannique de l’Union à la demande de Bruxelles, lui demandant des explications.