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Russie-Ukraine: une lutte d'influence ?

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Russie-Ukraine: une lutte d'influence ?

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Le ciel s’est assombri sur les relations russo-ukrainiennes depuis la vague orange. Certains dénoncent derrière cette décision russe la volonté d’appuyer le camp adverse à quelques mois des législatives. Moscou rétorque qu’elle est dans son bon droit et que l‘émancipation a un prix: qui veut passer à l‘économie de marché doit s’en donner les moyens. Et l’Ukraine, à en croire les mots du ministre russe de l’Industrie la semaine dernière ne sera pas la seule concernée. “Est-ce que la Russie va reconsidérer ses prix pour ses autres voisins comme les pays baltes, la Géorgie ou la Moldavie ?” “oui” a répondu le ministre russe.

Actuellement, l’Ukraine reçoit 25 milliards de m3 de gaz russe par an en paiement du transit de cet hydrocarbure par son territoire vers l’Europe, la base de calcul est de 42 euros pour 1000m3. Au 1er janvier, Moscou réclamera 194 euros en espèce. Le Bélarus, proche de Moscou, ne paie que 39 euros les 1000m3. “Il y a clairement un facteur politique dans cette affaire, explique cet analyste politique ukrainien. Les pays qui n’ont pas construit leur relation comme le Kremlin le souhaitait, ont vu le prix du gaz augmenter.

“N’en déplaise à Kiev, le prix pratiqué par Moscou est un prix d’ami. L’Ukraine a beau clamer son droit à sa part de gaz pour le faire transiter sur son sol, avec l’accord germano-russe sur la création d’un nouveau gazoduc, la Russie pourra bientôt se passer du sol ukrainien. D’où l’importance d’un compromis. On en est loin pour l’instant. La contre-attaque ukrainienne est musclée. “ Toutes nos relations économiques devraient être au niveau des standards mondiaux et européens, explique le président ukrainien Viktor Ioutchtenko. Donc le fait de parler des prix du loyer pour la base russe de Sébastopol, c’est la même stratégie.”

La Russie loue le port de Sébastopol, en Crimée, pour sa flotte 98 millions de dollars par an. Un prix d’ami aussi. L’Ukraine, en cas de blocage sur le gaz, menace d’aligner les tarifs européens et de réclamer 2 milliards et demi. Un marchandage qui risque cette fois d’aller loin, bien plus loin qu’une simple lutte d’influence.