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La fin de l'ère Sharon ouvre une période de grande incertitude politique

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La fin de l'ère Sharon ouvre une période de grande incertitude politique

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Ce n’est pas pour rien qu’on l’a surnommé “le Bulldozer”. Le Premier ministre israélien était arrivé comme si de rien n‘était le 25 décembre à la réunion hebdomadaire de son gouvernement. La première après son attaque cérébrale du 18 décembre. Mais “le Bulldozer” cette fois n’a pas résisté. L‘ère Sharon semble terminée, laissant le pays dans la plus grande incertitude.

Il y un an, Ariel Sharon confirmait sa réputation d’homme de décision et d’audace politique. Son plan de retrait de Gaza, après 38 ans d’occupation, obtenait le feu vert du parlement. Un séisme, qui fera trembler son cabinet. Sharon surmonte la crise, mais son parti le Likud, dont il est membre depuis 1977, n’en sortira pas indemne. Quelques mois plus tard, celui qui pendant cinq ans a dominé la vie politique du pays fait un pari encore plus risqué: le 21 novembre dernier, il demande au président de dissoudre le parlement et de convoquer des élections anticipées.

Juste après il claque la porte du Likud et crée Kadima, un nouveau parti du centre, son parti. L’immense popularité de son fondateur en sera la charpente. Homme déterminé et de parole, sharon a la confiance des israéliens. Les sondages donnent 40 des 120 mandats de la Knesset à Kadima aux élections du 28 mar.

Le vieux leader, partisan acharné des colonisations et du grand Israël, a su se ranger à l’avis de la majorité de l’opinion, pour une solution pragmatique avec les Palestiniens: “Je crois que sharon, qui a tout de même réussi à emmener 14 autres membres du likoud avec lui, a compris que la réal politique conduit à définir des frontières qui puissent être défendables, à abandonner l’idée du grand Israël”, commente cet israélien. La disparition politique de Sharon laisse Kadima orphelin, forcé à choisir un leader entre Ehud Olmert, actuel vice-Premier ministre et favori, Tzipi Livni, ministre de Justice ou Shaul Mofaz, ministre de la Défense. Voire l’ancien Premier ministre et ancien travailliste, Shimon Peres. Il n’est pas certain que, privé de son père fondateur, Kadima l’emporte. Et même si le retrait de Gaza a ouvert une voie historique, il n’est pas sûr non plus qu’un second retrait en Cisjordanie voit le jour de sitôt.