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Il y a quatre ans s'ouvrait le camp de Guantanamo Bay

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Il y a quatre ans s'ouvrait le camp de Guantanamo Bay

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Lors de son ouverture, l’armée américaine l’a baptisé camp X-Ray. Aujourd’hui, quatre ans plus tard, le fonctionnement du centre de détention de Guantanamo Bay, basé à Cuba, reste pourtant des plus obscures. Difficile de savoir ce qui se trame derrière ces grillages.

Au lendemain des attentats du 11 septembre, Guantanamo a été crée pour détenir de présumés terroristes. Seule la Croix-Rouge, toutes les six semaines environ, est autorisée à avoir accès à l’envers du décors. Une face obscure dont Amnesty Internationale a fait un rapport. Revenus de ce qu’ils évoquent comme “l’enfer”, 3 prisonniers évoquent les violences, les tortures, les humiliations. Leurs récits confirment la pratique d’enlèvements illégaux, ces fameuses missions de la CIA détaillées depuis plusieurs semaines déjà par les médias. Ils se trouvaient en Egypte, en Afghanistan ou au Pakistan. Ils ont été envoyés manu militari à Guantanamo, synonyme d’un isolement total. L’ancien prisonnier Moazzam Begag, parle d’une situation indéfinie, proche d’un trou noir, sans passé, sans présent, sans avenir. “Etre dans cette situation est pire que la torture. C’est pire qu‘être battu, pire qu‘être frappé au visage, pire qu‘être dénudé, pire qu‘être menacé d‘être renvoyé en Egypte oû ils vous torturent avec des électrodes placés sur vos testicules. C’est pire que tout ce que vous pouvez imaginer” a-t-il déclaré. Soumis à la pression internationale, Washington a daigné relâcher quelques prisonniers après avoir saupoudré Guantanamo d’une pincée de droit pénal. Un tribunal militaire a été mis en place. Reste que toute action devant une instance civile est impossible. Une ligne de conduite défendue par le Colonel Morris, procureur au sein du tribunal militaire : “Ces personnes sont là parce qu’elles ont cherché à détruire les règles de droit, et non pas à les soutenir. Nous leur octroyons des droits qu’eux même n’auraient jamais donné à quiconque. Et c’est ce qui doit les déconcerter”. Au nom de la guerre contre le terrorisme, Washington continue de leur refuser le statut de prisonnier de guerre. Il en ont un tout autre : celui d’ennemis combattants, non répertorié par la convention de Genève. Alors, les prisonniers se rebellent. Ils seraient 81 à faire la grève de la faim. Certaines ONG affirment que les autorités du camp les forcent à se nourrir. Mais nous sommes à Guantanamo. Et en l’occurrence, impossible de savoir si tout cela est vrai….