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Andrus Ansip, Premier ministre estonien : "nous voulons adopter l'euro au 1er janvier 2007".

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Andrus Ansip, Premier ministre estonien : "nous voulons adopter l'euro au 1er janvier 2007".

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La réussite économique de l’Estonie a valu à ce pays le surnom de “Tigre de la Baltique”. En terme de croissance et de développement, les estoniens sont les champions. Tallinn, la capitale, est l’une des villes les plus modernes d’Europe de l’est. Membre de l’Union européenne depuis 2004, cette démocratie parlementaire est dirigée par un gouvernement tri-partite. L’objectif principal de cette coalition est de toujours plus développer une économie déjà particulièrement innovante. Le leader du parti de la Réforme Andrus Ansip est à la tête de ce gouvernement depuis avril 2005. Ce libéral fustige le protectionnisme de nombreux membres de l’Union européenne quant à la libre-circulation des travailleurs. Son pays, lui, a déjà remporté le premier pari de la globalisation. Aujourd’hui pour passer à la vitesse supérieure Andrus Ansip veut adopter l’euro. Il s’agit de sa principale résolution de l’année 2006. Le Premier ministre estonien a bien voulu répondre aux questions d’Euronews.

Euronews : “Vous voulez être parmi les premier nouveaux membres de l’Union à introduire la monnaie unique. Vous prévoyez d’ailleurs de l’introduire dès l’année prochaine. Pourquoi ne pas attendre un peu plus longtemps, comme le fait la Pologne par exemple?” Andrus Ansip : “Les choses vont bien en Estonie. Notre économie grandit rapidement, 10% cette année, nos exportations augmentent de 27% par an. Le nombre de touristes qui visitent l’Estonie grandit de plus de 30% par an. Il y a cinq ans, notre chômage était de 14%, il est maintenant de 7%. Nous sommes très heureux de notre adhésion à l’Union européenne. L’Estonie était plutôt attirante pour les investissements directs étrangers et je suis certain que grâce à la monnaie européenne, l’Estonie sera encore plus attrayante pour ce genre d’investissements.Nous voulons faire de notre mieux pour utiliser l’euro au premier janvier 2007 Nous remplissons les critères de Maastricht à l’exception du critère de l’inflation. Notre politique budgétaire ici en Estonie est équilibrée, nous avons même un surplus. Notre problème reste le taux d’inflation.Le taux d’inflation est actuellement de 4%, et quand l‘économie grandit de 10% par an, on ne peut pas attendre un taux d’inflation inférieur à 1%, par exemple. Nous voulons faire de notre mieux pour avoir l’euro au premier janvier 2007, mais je ne suis pas si sûr que nous serons au bon taux d’inflation pour la Commission européenne à temps”. Euronews : “Concernant les libertés fondamentales dans l’Union européenne, l’Estonie critique sévèrement le fait que certaines de ses libertés ne sont pas appliquées, comme par exemple la libre circulation des personnes, ou la liberté de mouvement des services à travers l’Europe. Pourquoi ces critiques, quelles sont vos principaux arguments?” Andrus Ansip : “Je sais qu’en Grande-Bretagne ou en Irlande, par exemple, ils n’ont aucune restrictions sur la libre circulation des travailleurs, mais que le taux de chômage en Grande Bretagne est plus bas que dans le pays qui ont ces restrictions de libre circulation des travailleurs. Autrefois nous étions également effrayés ici en Estonie car nous ne savions pas comment gérer la globalisation. Nous avons ouvert notre marché au monde extérieur et nous avons réussi à gérer la globalisation ici. Si nous sommes capable de le gérer, alors je suis absolument certain que l’Union européenne est capable également de gérer la globalisation”. Euronews : “Concernant votre voisine la Russie et l‘évolution de la liberté de la presse ainsi que l‘évolution de la situation des ONG en Russie… quelle est votre avis sur les récents développements problématiques en Russie?” Andrus Ansip : “L‘évolution n’est pas si bonne que ça. Nous savons qu’il y a des problèmes avec la liberté de la presse. Nous ne sommes pas très content de la situation des minorités en Russie, notamment les minorités finno-ougriennes dans l’Oural en Russie, et nous sommes plutôt inquiet de la situation”. Euronews : “La Russie affirme que la minorité russe en estonie fait l’objet de discrimination. Que repondez vous à ces critiques?” Andrus Ansip : “Nous respectons tous les critères internationaux ici en Estonie concernant les minorités”. Euronews : “Très récemment il y a eu ce problème entre la Russie et l’Ukraine sur les prix du gaz naturel. Quelle leçon doit en tirer l’Europe? Et devrait-il y a voir une politique énergétique commune dans l’Union européenne? Andrus Ansip : “Quand un pays voudra négocier avec la Russie, ou quand 25 petits marchés voudront négocier avec la Russie, il y aura un gagnant et 25 perdants. Quand 25 Etats membres, tous ensemble ce qui veut dire avec une politique energétique commune négocierons avec la Russie ce sera une situation de gagnant-gagnant. Et quand il y aura une situation de gagnant-gagnant alors tout le monde sera content”.