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Leila Shahid: "les Européens n'ont pas intérêt à couper les liens avec les Palestiniens"

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Leila Shahid: "les Européens n'ont pas intérêt à couper les liens avec les Palestiniens"

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L’aide européenne aux Palestiniens soumise à conditions. Face au dilemme posé par la victoire du Hamas, et au fait qu’il figure sur la liste des organisations terroristes de l’UE, les 25 ont fixé leurs conditions au Hamas: refus de la violence, reconnaissance d’Israel et du processus d’Oslo. Sinon rien. Mais pour la représentante de l’Autorité palestinienne auprès de l’UE, Leila Shahid, les Européens n’ont aucun intérêt à couper les liens: “La compléxité de la situation exige des Européens qu’ils aillent plus loin que cette position consistant à dire “il y a une organisation terroriste que nous avons mise sur la liste et avec laquelle on ne peut pas traiter”. Ils ont le même problème avec le Hezbollah au Liban, ils ont le même problème avec l’Etat d’Israel, qui lui aussi mène des actions de terrorisme d’Etat lorsqu’il assassine des civils palestiniens et lorsqu’il refuse catégoriquement de reconnaitre aussi aux Palestiniens le droit d’exister dans un Etat.” Selon Leila Shahid le risque de contribuer par l’aide européenne à l’islamisation de la société palestinienne n’existe pas : “Hamas n’est pas les talibans, nous n’avons pas de madrassas dans le sens taliban, la société palestinienne n’est pas une société fondamentaliste, elle est à majorité laïque. Vous seriez surpris, beaucoup de chrétiens ont voté Hamas parce qu’ils voulaient sanctionner, punir le Fatah qui depuis 10 ans n’est pas arrivé à leur donner ce qu’il avait promis, c’est-à-dire la paix et un Etat palestinien. Donc ils optent pour l’alternance, ils votent pour l’opposition au Fatah. Et je pense qu’on peut, l’UE mais aussi le Quartet, avoir à l‘égard de Hamas une politique graduelle, qui peut donner au Hamas une porte de sortie pour évoluer sur le plan politique, idéologique, si il y a un vrai dialogue. Si il y a une rupture je pense que ce serait le choix le plus terrible pour les Palestiniens, pour les Israéliens, mais aussi pour les Européens.