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Amona, symbole du bras de fer entre le gouvernement israélien et les colons


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Amona, symbole du bras de fer entre le gouvernement israélien et les colons

Créée en 1990, Amona est l’une des plus grandes colonies sauvages de Cisjordanie. Le sort de cette implantation est un enjeu politique et symbolique du bras de fer qui oppose le gouvernement Olmert et les colons.

Située près de Ramallah et à proximité de la colonie d’Ofra, Amona ne comportait à l’origine que des caravanes mobiles. Ces dernières étaient établies sur des terrains privés palestiniens mais de manière illégale au regard de la législation israélienne. Le gouvernement Sharon avait tenté de les démanteler en 2003 mais sans succès. Dès 2004, une trentaine de familles ont commencé à bâtir des maisons, malgré l’engagement pris par Israël dans la Feuille de Route de démanteler toutes les colonies sauvages de Cisjordanie. Selon plusieurs organisations humanitaires, le nombre de ces colonies sauvages a doublé depuis l’arrivée d’Ariel Sharon au pouvoir en mars 2001. On en compte aujourd’hui 102, dont 33 disposent de constructions fixes. Reliées par des routes aux 121 colonies officielles, elles permettent à Israël de contrôler 60% de la Cisjordanie. Dans son rapport officiel publié l’an dernier, la juriste Talia Sasson avait dénoncé pour la première fois la complicité de l’armée et de plusieurs ministères dans l’implantation de ces colonies sauvages. En réponse, Ariel Sharon s‘était engagé à ne plus financer les conseils régionaux de colons destinés à la création de ces colonies sauvages. Il avait également promis de sanctionner tous les fonctionnaires qui y travaillaient. Dans la plupart des cas, l’argent qui devait servir à des installations électriques était en fait utilisé pour financer la présence militaire dans ces colonies sauvages puis pour l’installation des colons. Selon plusieurs ONG, l’agrandissement de certaines colonies sauvages proches des colonies officielles se poursuivrait notamment à Hayovel et Haresha malgré des évacuations de colons très médiatisées. Mais la lutte acharnée des colons contre le gouvernement israélien ne doit pas faire oublier une autre question sensible celle de l’agrandissement des colonies officielles qui se poursuit, favorisé par la construction du Mur de sécurité. En Cisjordanie, 240 000 colons contrôlent aujourd’hui la majorité de ce territoire sur lequel résident 2 millions et demi de palestiniens.
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