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Ursula Plassnik: perspective européenne pour le Kosovo.

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Ursula Plassnik: perspective européenne pour le Kosovo.

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L’Autriche a pris la présidence de l’Union européenne pour six mois. Sa mission est de coordonner les politiques des 25 états membres. A Salzbourg, EuroNews a rencontré Ursula Plassnik, la ministre des affaires étrangères autrichienne.
Membre du parti conservateur au pouvoir – le parti OVP, elle est proche du chancelier Schüssel.
Quelle stratégie pour sortir l’Europe de la crise institutionnelle et identitaire actuelle? comment relancer le projet de constitution européenne? autant de questions posées à la chef de la diplomatie autrichienne.

Hans Von der Brelie, EuroNews:
“Quelles sont vos priorités pour l’Union européenne pendant la présidence de l’Autriche? une réponse courte et précise s’il vous plait”.

Ursula Plassnik, ministre des affaires étrangères autrichienne:
“L’Union européenne doit être plus proche des citoyens, afin de regagner leur confiance. L’Union européenne doit aussi avoir plus confiance en elle en tant qu’institution. L’emploi, le travail et la croissance sont en tête de nos priorités de travail pour le prochain sommet européen du printemps. Nous devons aussi développer les dossiers de la science et de la recherche, la politique environnementale et l’aide aux universités.
Enfin nous devons continuer à travailler sur les questions de politique internationale. Pour ma part, et en tant que ministre des affaires étrangères, je me concentre principalement sur le problème des Balkans”.

EuroNews:
“L’Europe traverse une crise de confiance et une crise institutionnelle. Le projet d’une nouvelle constitution européenne est-il mort ou vivant?”

Ursula Plassnik:
“Mort ou vivant? vous devriez demander cela à un médecin légiste.. Nous travaillons à une stratégie politique. Nous cherchons à élaborer les bases fondamentales nécessaires au futur de l’Union européenne. Nous cherchons à accommoder nos règles communautaires, ce que nous avons d’ailleurs toujours fait. Bien sûr nous avons besoin de règles communautaires pour les 25, enfin pour 27 états membres, pour 450 millions de citoyens. Des règles du jeu qui sont des règles juridiques, légales, et que nous devons encore développer. Mais il n’existe pas de solution miracle. Pour le moment je suis dans la phase d‘écoute. J‘écoute avec beaucoup d’attention tout les souhaits et toutes les propositions formulées par les différentes parties. Mais je sais déjà qu’il n’y a pas de réponse rapide. Mon objectif, c’est qu’une stratégie commune puisse être développée avant la fin de la présidence autrichienne, pour le sommet européen de juin”.

EuroNews:
“Donc la présidence autrichienne de l’Union européenne cherche à être plus proche du citoyen européen, l’institution veut plus de transparence.. Tout cela semble trés bien mais qu’est ce que cela signifie concrètement?”

Ursula Plassnik:
“Qu’est-ce qui est important pour nous ici en Europe? Je voudrais souligner les objectifs du traité constitutionnel européen: premièrement, nous voulons vivre en paix. Et la paix n’est pas un état de fait. Il y a quelques jours j‘étais au Kosovo pour l’enterrement du président Rugova. Pour les habitants du Kosovo la guerre et les conflits armés sont des évènements récents, encore trés présents dans les esprits. Pour beaucoup d’entre nous ce conflit est déjà loin, mais nous devons aider les habitants du Kosovo à se placer dans une perspective européenne”.

EuroNews:
“Siègerez-vous un jour au côté d’un ministre des affaires étrangère du Kosovo au Conseil de l’Europe? le Kosovo deviendra-t-il un état souverain, et ainsi un membre de l’Union européenne? Est-ce l’un des objectifs?”

Ursula Plassnik:
“Pour le moment notre objectif est de réaliser une perspective européenne pour tous les états de la région des Balkans, pour les rapprocher de l’Europe et afin de les soutenir dans leurs réformes. Cela est aussi valable pour le Kosovo. Un processus de négociation sur le futur du Kosovo a débuté, sous l‘égide des Nations Unies”.

EuroNews:
“L‘élargissement de l’Europe est un problème pour un certain nombre de citoyens de l’Union Quelles sont les frontières de l’Europe, peut-on les définir? Quels états font partie de l’Europe, qu’en est-il de la Turquie?”

Ursula Plassnik:
“Les limites de l’Europe, pour vous donner une réponse générale, ne peuvent pas être définies avec une règle. Elle ne peuvent pas non plus être délimitées par des géographes ou des historiens. L’Europe a toujours été un projet politique. Cela ne veux pas dire qu’il existera une Europe sans frontières. Regardez par exemple la situation dans les Balkans: nous, les autrichiens, comme tous les européens, nous ne voulons pas qu’apparaisse une zone d’instabilité et d’insécurité entre l’Italie et la Grèce. Cette région des Balkans, qui fait partie de l’Europe et qui a eu récemment une histoire douloureuse, fait partie du plan de reconstruction de réunification et de réconciliation européen. La Roumaine et la Bulgarie font aussi partie de cette Europe, des traités ont été signés. En janvier 2007, La Roumanie et la Bulgarie vont rejoindre l’Union européenne, sauf si la clause suspensive est invoquée, dans ce cas leur entrée sera décalée d’un an”.

EuroNews:
“Mais vous n’avez pas répondu à ma question concernant la Turquie?”

Ursula Plassnik:
“Les négociations avec la Turquie en vue de son adhésion à l’Union ont comme vous le savez, commencé le 3 octobre dernier. Il en est d’ailleurs de même pour la Croatie. Dans ces deux cas nous sommes dans une phase de préparation. Pendant la présidence autrichienne nous devrions ouvrir le premier chapitre des négociations, les négociations sont ouvertes, mais ces négociations ne préjugent pas de l’issue des débats sur l’adhésion de ces pays à l’Union. Ceci dit, la décision de négociation prise en octobre est une décision sur laquelle on ne peut pas revenir”.