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Depuis quatre ans, l’UNICEF a fait du 6 février la journée mondiale de lutte contre l’excision. Ce rituel millénaire est annuellement pratiqué sur 3 millions de fillettes. C’est un véritable problème de santé publique dans plusieurs pays d’Afrique, d’Asie du Sud-Ouest et dans quelques pays arabes.

La mutilation de l’appareil génital feminin à l‘âge de la puberté est consideré par plusieurs communautés comme un rituel de purification et de passage à l‘âge adulte. Depuis des années, comme ici au Kenya, sont menées des campagnes d’information concernant les conséquences de l’excision : choc hémorragique entraînant la mort, abcès, non-cicatrisation, infections urninaires, stérilité, accouchements potentiellements mortels, hépatite… et bien d’autres encore. Des arguments qui ont porté leur fruit dans le village de Ker Simbara, au Sénégal, l’un des premiers du pays à abandonner l’excision.La deputé sénégalaise Aminata Ndiaye explique comment, depuis 9 ans elle a pu convaincre plus de 30% des villages du pays à refuser ce rituel : “Sur la base d’un programme d’alphabétisation fonctionnel, basé sur la santé, basé sur les questions de droit, les femmes ont put être conscientisées, de même que les hommes du village, pour ensuite prendre position.” La Guinée, l’Egypte, le Mali, le Soudan et l’Erytrée sont les pays où l’excision est la plus répandue, pratiquée par toutes les religions confondues, même si aucun texte religieux n’y fait référence. Dans ces cinq pays, la taux de femmes excisées est supérieur à 80%. Et malgré la souffrance, le poids de la tradition et de la religion font que plus de la moitié des femmes soutiennent ces pratiques. Des pratiques qui aujourd’hui ne sont pas unanimement reconnues comme illégales, ce que déplore Mélégué Traoré, membre de l’Union Interparlementaire:“Lorsqu’on a sensibilisé pendant 20 ans, il arrive un moment donné où l’on doit pouvoir dire: pratiquer la mutilation sexuelle d’une jeune fille ou d’une fillette est passible de telle peine, est soumis à telle amende au niveau du code pénal”. Plusieurs pays infligent désormais des sanctions aux auteurs d’excision, mais ils sont encore trop peu nombreux. En septembre 2001, le parlement européen a adopté une résolution qui permet d’accorder l’asile aux femmes menacées d’excision dans leurs pays.

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