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Un an après, l'influence syrienne pèse toujours sur Beyrouth

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Un an après, l'influence syrienne pèse toujours sur Beyrouth

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Il y a un an l’assassinat de Rafic Hariri précipite la fin de trois décénies d’occupation militaire syrienne au Liban. Ce jour-là, l’ex-Premier ministre est tué à Beyrouth dans un attentat à la voiture piégée d’une extrême violence. Un attentat parfaitement synchronisé rappelant les assassinats commis à la fin des annés 80 et en 2004 contre des dizaines d’opposants au pouvoir de Damas.Hariri devient martyr de la révolution des Cèdres, et le symbole de l’opposition anti-syrienne. Inédit depuis l’arrivée des Syriens en 76, ils sont des dizaines de milliers à manifester contre Damas, jusqu‘à obtenir, avec l’appui international, le départ des troupes syriennes en avril.Un trompe-l’oeil selon l’opposition anti-syrienne qui accuse les services secrets syriens d‘être toujours présents sur le territoire, et de faire rentrer bombes et armes via des zones de frontière non-controlées.

Après le retrait, les attentats continuent. Plusieurs opposants syriens notoires, politiciens ou journalistes, sont victimes d’attaques organisées avec une précision de métronome. Les services secrets syriens sont montrés du doigt. L’enquête de l’ONU sur la mort d’Hariri, elle, piétine face au manque de coopération de Damas. Et ce, même si l’enquête considère maintenant tous les attentats comme faisant partie d’une action concertée comme l’a souligné le ministre libanais de la Justice : “le Conseil de sécurité de l’ONU a décidé d‘élargir le champ de ses compétences pour ne pas seulement considèrer l’assassinat de l’ex-Premier ministre Rafic Hariri, mais aussi les autres attentats qui ont eu lieu depuis octobre 2004” Mais c’est surtout au niveau politique que l’influence de la Syrie est le plus visible. L’opposition anti-syrienne du parti Force du 14 Mars, mené par le fils de Rafic Hariri, Saad, est de plus en plus isolé. Le vainqueur des législatives de 2005, réfugié aujourd’hui à Paris n’a pu imposer son agenda, ni écarter du pouvoir le président Emile Lahoud, intronisé par Damas. Alors qu’au sein du gouvernement d’unité nationale, on a pu voir le rapprochement contre-nature de l’ancien héro de la résistance chrétienne Michel Aoun avec les partis Amal et Hezbollah alliés de Damas. Il y a un an la démonstration de force de ces deux formations pour soutenir la présence syrienne annonçait déjà qu’au-delà des martyrs de la révolution des Cèdres, la rupture avec Damas était loin d‘être gagnée