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11 années à la recherche de Mladic

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11 années à la recherche de Mladic

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A Srebrenica, les habitants attendent depuis 11 ans la nouvelle de l’arrestation de Ratko Mladic.

En juillet 1995, 7500 hommes, de 12 à 77 ans, avaient été sommairement exécutés. Le mari et les trois fils de Meira Djogaz en faisaient partie : “Je suis terrifiée à l’idée que Mladic puisse revenir et tous nous tuer, affirme-t-elle. Il est encore en liberté, mais pourquoi et comment ?” Malgré un mandat d’arrêt du Tribunal Pénal International, Ratko Mladic reste introuvable. Il a déjà échappé à plusieurs opérations militaires contre lui. Et résiste aux pressions diplomatiques internationales. Selon le TPI, l’ancien général serait protégé par d’anciens officiers de l’armée, par des responsables des services secrets et même par l‘église serbe. Jusqu‘à la chute de Slobodan Milosevic en 2001, Mladic n‘était pas inquiété dans son pays. Il pouvait circuler librement, à la vue des caméras de télévision. Et jusque fin 2005, l’armée Serbe lui versait encore une pension de retraite. Aujourd’hui, l’un des hommes les plus recherchés d’Europe est devenu une monnaie d‘échange de la Serbie pour entrer dans l’Union Européenne. Belgrade entend montrer sa bonne volonté mais affirme ne pas savoir où se trouve Mladic Selon des informations concordantes, l’ancien chef militaire se déplacerait dans la République Serpska, réfugié dans des bunkers. Plusieurs opérations ont eu lieu en Bosnie mais pour le TPI, il faut chercher en Serbie. En décembre 2004, les forces étrangères avaient par exemple découvert cette cache, utilisée par Mladic, mais le fugitif avait pu s’enfuir avant l’arrivée des militaires. La capture de Mladic devient une affaire d’Etat pour les autorités serbes. Le pays est le dernier de l’ex-Yougoslavie à ne pas avoir capturé ses accusés de crime de guerre. Et l’homme n’aurait pas l’intention de se rendre selon Ljubodrag Stojadinovic, ancien officier de l’armée yougoslave. “Ca ne fait pas partie de ses plans car une rédition annulerait toute sa biographie pour les 11 dernières années, depuis qu’il est recherché, estime-t-il. Je ne crois pas non plus qu’il se rendra contre de l’argent, contre n’importe quel montant.” Dans son pays, Ratko Mladic bénéficie encore d’une image de héros, notamment dans les milieux ultranationalistes. Un soutien populaire qui embarasse les autorités serbe face aux pressions de Bruxelles.