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L'Irak entre guerre civile et lutte de pouvoir

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L'Irak entre guerre civile et lutte de pouvoir

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Début de guerre civile ou lutte de pouvoir? L’Irak semble aujourd’hui au bord de la rupture. Les attaques contre les forces de sécurité irakiennes, les militaires de la coalition et la population irakienne n’avaient pour but, jusqu‘à présent, que d’empêcher “la normalisation” de l’Irak. Mais fin février l’attaque contre le mausolé sacré de Samarra, l’un des haut-lieux saint de l’islam chiite, a provoqué une vague de violence inter-communautaire et a sérieusement compliqué les négociations en cours pour la formation du nouveau gouvernement.

Une douzaine d’ethnies et de groupes religieux cohabitent en Irak. Les plus représentés étant la majorité chiite, les sunnites au pouvoir sous Saddam Hussein, et les Kurdes. Après l’attaque de Samarra, de nombreuses mosquées sunnites ont été prises à partie dans la capitale Bagdad, notamment dans le quartier chiite de Sadr City. Enlèvements, meurtres sont aussi des formes de représailles très prisées. Le nombre de victimes s‘élèverait à plusieurs centaines. Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld réfute l’idée d’une guerre civile : “Je ne crois pas qu’il y ait une guerre civile actuellement. Il y a toujours eu une possibilité de guerre civile puisque le pays était auparavant tenu par un régime répressif qui a mis des centaines de milliers de personnes dans des fosses communes”. La violence est toujours plus élevée en période électorale comme en octobre dernier pour le référendum constitutionnel et en décembre pour les législatives. Ce dimanche le parlement doit choisir un nouveau président et se donner un nouveau gouvernement. Le kurde Jalal Talabani semble le mieux placé pour assurer l‘équilibre entre les principales ethnies. Mais de nombreuses divisions internes subsistent.Ibrahim al-Jaafari brigue un nouveau mandat de Premier ministre. Il est le candidat de l’Alliance Unifiée Irakienne, le principal bloc du parlement. Mais sunnites, kurdes et autres petits partis essayent d’empêcher sa nomination.Les sunnites lui reprochent d‘être trop proche de Moqtada Sadr, un leader chiite radical qui essaye de souffler le chaud et le froid sur le pays avec sa milice personnelle.