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Argentine: il y a trente ans, un coup d'Etat militaire instaurait la dictature

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Argentine: il y a trente ans, un coup d'Etat militaire instaurait la dictature

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Le 24 mars 1976… la présidente de l’Argentine Isabel Peron est renversée par un coup d’Etat militaire. La junte est menée par le général Videla. Commencent alors sept années de dictature: c’est la “sale guerre”. Selon les organisations humanitaires, quelque 30.000 personnes ont disparu au cours de cette répression sanglante. Pour connaître leur sort, les Mères de la Place de Mai organisent leur première marche en avril 77.

Les principaux chefs militaires, dont le général Videla, ont été condamnés dès 1985. Mais cinq ans plus tard, ils sont graciés par le président Carlos Menem. Aujourd’hui, certains tortionnaires attendent leur procès, d’autres sont morts ou séniles. Pendant ce temps, les Grand-Mères de la Place de Mai espèrent: “Laura, ma fille, a été tuée à l‘âge de 23 ans. Elle avait une belle vie devant elle. Aujourd’hui, c’est mon petit-fils que je recherche. Je ne sais pas où il est. Il a 27 ans. Quel est son nom? Comment a-t-il été éduqué? Comment est-ce qu’il se sent? A quoi pense-t-il? Est-il loin ou tout près d’ici? Je n’en sais rien. Mais nous avons déjà retrouvé 82 enfants, alors j’ai l’espoir qu’un jour je pourrais retrouver le mien.” Les 82 enfants dont parle Estela de Carlotto, la présidente des Grands-Mères de la Place de Mai, avaient été enlevés à leurs parents emprisonnés et confiés à des familles d’adoption. Une fois identifiés, ces jeunes gens âgés d’une trentaine d’années ont dû découvrir avec souffrance que leur famille adoptive avait parfois été complice des tortionnaires. Trente ans après le Coup d’Etat, le gouvernement argentin vient d’autoriser l’ouverture des archives des forces armées. Cela devrait nettement faciliter le travail des enquêteurs sur les crimes de la dictature.