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Le roi du Népal, monarque par hasard

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Le roi du Népal, monarque par hasard

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C’est par hasard que Gyanendra devient roi du Népal en juin 2001. L’homme d’affaires est propulsé au pouvoir à la mort de son frère, le roi Binendra, massacré avec une partie de la famille royale par le prince héritier. Pas préparé à de telles fonctions, le roi Gyanendra hérite d’une monarchie constitutionelle, établie en 1991, et d’un conflit armé opposant depuis 10 ans la guérilla maoïste et le pouvoir.

L’insurrection, qui a fait 13 mille morts, a placé sous le contrôle des maoïstes pratiquement tout le pays excepté la vallée de Katmandou. Le 1er février 2005 sous prétexte que le gouvernement n’a pas réussi à écraser l’insurrection maoïste, le roi Gyanendra met la démocratie entre parenthèses: il s’empare de tous les pouvoirs, dissoud le parlement et suspend l’activité des partis politiques.

Tout en promettant de rendre le pouvoir au bout de trois ans, il règne en monarque absolu, il met en prison les responsables des partis ou les place en résidence surveillée. L’image de la monarchie se dégrade. Pendant ce temps, les chefs maoïstes changent de tactique, ils déclarent une trêve et font cause commune avec leurs adversaires des partis démocratiques. Depuis 14 mois les manifestations ne cessent d’augmenter.

Vendredi, dans son discours du Nouvel An, Gyanendra annonce des élections législatives pour 2007, mais il n’offre aucun calendrier et aucune garantie d’impartialité. Ce flou est interprété par les partis comme une preuve que le monarque ne cède rien sur le fond. L’offre est rejetée par la coalition de 7 partis, conduite par l’ancien Premier ministre Girija Prasad Koirola. Totalement isolé, de plus en plus sous la pression internationale, le roi Gyanendra risque même l’avenir de la monarchie. L’année 2063 qui vient de commencer selon le calendrier népalais, pourrait amener de grands bouleversements.