DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La crise du nucléaire iranien déstabilise le marché pétrolier

Vous lisez:

La crise du nucléaire iranien déstabilise le marché pétrolier

Taille du texte Aa Aa

Si l’Or noir flambe, c’est d’abord et surtout à cause du bras de fer nucléaire entre la communauté internationale et l’Iran. Un face à face de plus de huitmois avec l’enlisement diplomatique pour seul aboutissement. En témoigne le constat d’impuissance de Mohamed el-Baradei, pourtant à la tête de l’Agence internationale de l‘énergie atomique (AIEA) : “Nous n’avons pas constaté de détournement de matériel nucléaire vers une utilisation militaire, mais le tableau reste flou, tout n’est pas clair”.

Une phrase qui résume bien les doutes de la communauté internationale. Ces doutes que la République islamique ne fait rien pour dissiper. Et pour cause. Deux jours auparavant, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad annonçait à la population que l’Iran avait rejoint le club des pays nucléaires après avoir réussi à enrichir de l’uranium. Le ton du discours est provocateur. Cette attitude de défi fait planer la menace d’une rispote militaire des Etats-Unis. Il n’en fallait pas plus pour mettre le marché pétrolier en ébullition. Il faut dire que l’Iran est un géant du secteur. Avec une production de 4 millions de barils par jour, il fournit 4,7% de la production mondiale, et se place au 4e rang des exportateurs de pétrole. Sans oublier que Téhéran peut contrôler le très stratégique détroit d’Ormuz, par lequel transitent tous les jours jusqu‘à 16 millions de barils. Soit 20% de la production mondiale. Bloquer le détroit, une menace qui a déjà été brandie et que le marché prend très au sérieux. “Si quoi que ce soit devait arriver sur le front iranien, dans le détroit d’Ormuz, dans la région en général” explique Raymond Carbone, président de Paramount Options Inc, entreprise américaine de courtage énergétique, “les prix pourraient grimper beaucoup plus haut qu’actuellement” Outre la crise iranienne, d’autres facteurs entretiennent l’instabilité. Facteur géopolitique avec le Nigeria. Les attaques de la guérilla ont poussé le premier producteur d’Afrique à réduire sa production de 25%. Facteur macro-économique avec la demande pétrolière mondiale qui ne fléchit pas. Portée par la Chine, dont la croissance a dépassé 10% au premier trimestre 2006. Et le tout sur fond d’inquiétude à l’approche du pic de production mondiale, en 2013 selon les scénarios les plus pessismistes.