DERNIERE MINUTE

DERNIERE MINUTE

La place des femmes dans la société égyptienne, un problème qui reste à régler

Vous lisez:

La place des femmes dans la société égyptienne, un problème qui reste à régler

Taille du texte Aa Aa

Le Caire, son université, ses étudiantes. Jeunes, elles sont le symbole de l’avenir du pays. Elles sont aussi de plus en plus nombreuses à porter le voile. Un signe dans une société égyptienne qui fait de plus en plus de place à la religion, mais toujours pas suffisamment à la liberté des femmes. “Je porte le voile pour être en accord avec ma religion, pour me protéger devant Dieu”, explique une étudiante musulmane.

“Fondation de la Femme Nouvelle” est une association qui tente de faire respecter leurs droits. Un combat que les pressions policières rendent plus âpre. Pour Nawal Darwiche, sa fondatrice, le voile symbolise l’oppression religieuse : “C’est une façon de contrôler le corps de la femme. C’est comme la ceinture de chasteté au Moyen-Age. C’est comme l’excision des filles qui existe toujours en Egypte”. Tout le monde n’est pas de cet avis. Des femmes, membres des Frères Musulmans, premier mouvement d’opposition en Egypte, revendiquent le port du voile. Makarem al-Deiri était la seule femme candidate des islamistes aux dernières élections. Son discours traduit la volonté des religieux de séduire un électorat féminin : “Il faut renforcer les valeurs religieuses au sein de chaque famille car cela évite la délinquance des jeunes et aide pour leur éducation”. Sa religion, Georgette Sohbi l’affiche aussi. Cette avocate représente deux minorités en Egypte : la minorité chrétienne, et celle des femmes députés. Copte, elle a été nommée au Parlement par le président Hosni Moubarak, et constitue le seul rempart des chrétiens face à ce qu’elle décrit comme une menace islamiste : “Si les Frères Musulmans prennent le pouvoir, ils changeront les lois de la République. Je pense qu’il y aura des affrontements violents entre les islamistes et les coptes. Les coptes refuseront d‘être considérés comme des citoyens de deuxième catégorie, sans aucun droit”. En Egypte, la liberté est très étroitement surveillée, la religion de plus en plus présente. Au milieu, les femmes n’ont pas la parole et celles qui rêvent de démocratie ont peur de l’avenir.