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Les immigrants latinos illégaux, une force économique qui veut peser politiquement

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Les immigrants latinos illégaux, une force économique qui veut peser politiquement

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Nous sommes en Arizona, près de la frontière avec le Mexique.

Un groupe d’immigrants vient d‘être intercepté par la police. Scène quotidienne dans cet Etat du Sud des Etats-Unis où 2000 sans-papiers sont arrêtés chaque jour. Chacun d’entres eux avaient payé entre 800 et 1500 euros au passeur qu’ils appellent le “coyote” pour atteindre l’eldorado américain comme l’explique un jeune mexicain : “La vie est différente ici, on gagne beaucoup plus qu’au Mexique”.

L’ALENA a été signé en janvier 1994 entre le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. L’accord de libre-échange nord-américain a permis une hausse du niveau de vie mais il n’a pas crée un développement suffisant pour enrayer l’immigration mexicaine. Les candidats traversent la frontière avec des difficultés accrues et choisissent dès lors de ne plus rentrer au pays.

Et c’est ainsi que les Etats-Unis se retrouvent avec au moins 11,1 millions d’immigrants illégaux dont 8,7 millions de latinos-américains. Leurs destinations sont surtout les Etats du Sud comme le Texas et la Californie où ils représentent déjà plus de 15% de la population.

Main d’oeuvre peu qualifiée, abondante et pas chère, les Latinos-Américains sont là pour satisfaire la demande dans de nombreux secteurs de l‘économie comme les emplois à domicile, l’agriculture, le bâtiment et l’hôtellerie.

L’immigration illégale divise l’Amérique. Les entrepreneurs en profitent, les consommateur aussi. Les syndicats n’apprécient pas vraiment et la droite républicaine dénonce ce système avec vigueur. Certains Etats ont même voté des lois pour exclure les sans-papiers des services sociaux comme l’explique un élu au Congrès d’Arizona :
“Il est temps que l’Amérique se lève et dise ça suffit. On ne peut plus permettre que notre système de santé, que notre éducation et notre justice soient détruits”.

Les associations d’immigrants appellent à combattre ce qu’elle qualifie d’hystérie anti-immigration. Elles dénoncent également l’hypocrisie de ceux qui emploient des illégaux pour cueillir leurs fraises ou nettoyer leurs maisons mais leurs refusent l’accès aux soins ou la possibilité d‘étudier.

Un “latino power” qui ne veut plus être seulement économique et qui aspire aussi à être politique.