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Un mois avant la Coupe du monde, la prostitution fait débat en Allemagne

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Un mois avant la Coupe du monde, la prostitution fait débat en Allemagne

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Dans un mois commence la coupe du Monde de football, en Allemagne.

Ici la prostitution est légale depuis 2002. Des promoteurs avisés ont saisis l’occasion pour ouvrir de nouvelles maisons closes à proximité des stades. Et aussi pour faire venir de nouvelles prostituées, car beaucoup s’attendent à ce que leurs établissements affichent complets, comme à Cologne : “Nous espérons qu’il y aura beaucoup de monde. Enormément de gens vont visiter Cologne et donc, beaucoup de clients vont venir dans notre maison, on se prépare pour ça.”

Mais si les femmes dans ces établissements ont fait leur choix, beaucoup d’autres travaillent dans la rue, sous la contrainte. Les associations de lutte contre la prostitution estiment que 40 000 femmes pourraient être forcées à venir en Allemagne. La plupart venant des pays de l’Est de l’Europe, au moment où des milliers de clients potentiels viennent assister à la Coupe du Monde.

Les associations féministes allemandes se mobilisent pour limiter ce qu’elles estiment être de l’exploitation des femmes.

Début mars, le Conseil national des Femmes a donné le coup d’envoi d’une campagne de mobilisation. Baptisée “coup de siflet final”, l’opération est parrainée par le Fédération de football du pays.

Mobilisation identique au niveau européen. Le Parlement de l’Union a organisé récemment un séminaire : “carton rouge à la prostitution forcée”.

Une ligne téléphonique d’urgence est en place aussi pour aider les victimes du trafic de prostituées. Des femmes à l‘écoute 24h sur 24 pour répondre en russe, polonais, roumain ou ukrainien.

La Suède a officiellement demandé à l’Allemagne de suspendre la légalisation de la prostitution pendant la Coupe du Monde. Le ministre suédois de la Justice : “Il y a trop d’argent en jeu pour que les gens malhonnêtes ne profitent pas du système pour exploiter les jeunes femmes.”

Il y a quelques jours, c’est un parlementaire américain qui s’est adressé directement à la chancelière Angela Merkel, lui demandant de revenir sur la légalisation. A défaut, le sénateur réclame que l’Allemagne soit classé parmi les pays encourageant la traite des femmes.