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L'ambassadeur russe auprès de l'Union favorable à un partenariat stratégique avec les Vingt-Cinq

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L'ambassadeur russe auprès de l'Union favorable à un partenariat stratégique avec les Vingt-Cinq

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Cette année pourrait être celle de la diplomatie russe. Moscou, qui préside actuellement le groupe du G8, a aussi pris les rênes du Conseil de l’Europe pour six mois. Ce jeudi, le pays accueille le 17ème sommet Russie-Union européenne. Pour mieux comprendre où en est la collaboration entre les deux puissances, et quelles sont les difficultés auxquelles Moscou et Bruxelles doivent trouver des réponses, EuroNews est allé à la rencontre du représentant permanent de la Russie auprès de l’Union européenne, Vladimir Chizhov.

EuroNews : “La sécurité énergétique est au coeur du sommet Russie-Union européenne. Le géant du gaz russe Gazprom a récemment annoncé qu’il pourrait se tourner vers d’autres clients si l’UE continuait à lui bloquer l’accès au marché européen de la distribution, ce que plusieurs Etats-membres perçoivent comme du chantage.”

V. Chizhov : “Je pense que cela a été dit pour donner une vision plus large de la situation du marché mondial de l‘énergie. Aujourd’hui, il y a des pays qui fournissent de l‘énergie sur le marché mondial, c’est notamment le cas de la Russie, et il y a des pays qui la consomment. Il ne s’agit pas seulement de l’Europe, mais aussi de la Chine, dont l‘économie croît à un taux vertigineux, ou encore du Japon, de la Corée du Sud, de l’Inde et même des Etats-Unis. Alors, il n’est pas vraiment correct de dire que tel camp fait du chantage à un autre ou tente de le priver de quelque chose. Le marché de l‘énergie n’est pas un marché aux légumes, sur lequel il est possible de mettre ses légumes à la vente le matin et de récupérer l’argent de la caisse le soir-même. C’est une sphère de l‘économie qui nécessite d‘énormes investissements, des investissements à long-terme.”

EuroNews : “Des points de vue divergents sur les grands dossiers internationaux génèrent-ils des tensions entre l’UE et la Russie ? Je pense notamment au programme nucléaire iranien, aux moyens d’amener le Hamas à la table des négociations et au fait que le Kosovo doive oui ou non obtenir l’indépendance ?”

V. Chizhov : “Commençons par le programme nucléaire iranien. Tout d’abord, nous n’avons pas de désaccords fondamentaux avec l’Union européenne sur cette question. je vous dirais même plus. La troïka européenne coordonne ses positions et ses tactiques de négociation avec la partie russe. Nous avons les mêmes objectifs stratégiques. Le principal est de ne pas laisser le régime de non-prolifération des armes nucléaires s’affaiblir.
A présent, parlons du Hamas. Là, oui, nous avons certaines divergences. En premier lieu, l’Union européenne considère le Hamas comme une organisation terroriste. Ce n’est pas le cas de la Russie. Et la Russie n’est pas la seule de cet avis. Il y a aussi les Nations Unies, le Japon et la Norvège par exemple.
Sur le Kosovo, la position générale de la communauté internationale est que toutes sortes de variantes sont possibles en ce qui concerne le statut final de cette province serbe. Un groupe de contact spécial a été créé, et la Russie, comme d’autres pays européens, fait partie de ce groupe. L’indépendance est seulement une des variantes possibles. Par ailleurs, cette régularisation peut créer un précédent positif ou négatif. Il sera positif, j’en suis certain, s’il est possible d‘élaborer une formule qui accorde au Kosovo un maximum d’auto-détermination sans qu’il y ait formellement indépendance. Cette voie constituerait un exemple positif pour d’autres territoires non-reconnus, y compris dans l’espace post-Soviétique. Si le Kosovo obtient l’indépendance, et la reconnaissance en tant que tel de la communauté internationale, dans ce cas, nous pensons que le précédent sera négatif, parce que ceux qui parlent de la spécificité du cas du Kosovo manquent d’arguments pour soutenir cela.”

EuroNews : “D’anciennes républiques de l’Union soviétique, qui ont adhéré à l’Union européenne, ont des revendications à l‘égard de la Russie. Moscou en a aussi de son côté. Est-il possible de résoudre ces problèmes dans le cadre des relations Russie-Union européenne ?”

V. Chizhov : “La principale différence entre leurs revendications à l‘égard de la Russie et celles de la Russie est que leurs revendications sont tournées vers le passé, alors que celles de la Russie concernent le présent. Cela vaut notamment pour la question des minorités russophones en Lettonie et en Estonie. Est-ce que ces problèmes peuvent être résolus dans le cadre du dialogue entre la Russie et l’UE ? Nous le croyons réellement. L’Union européenne a des obligations politiques.”

EuroNews : “L’Accord de Partenariat et de Coopération entre la Russie et l’UE arrive à terme l’an prochain. Moscou insiste pour qu’un nouvel accord de plus grande qualité lui succède.”

V. Chizhov : “Moscou souhaiterait ce que nous appelons “un partenariat stratégique complet”. Cela signifie une ample et complète collaboration, mais bien évidemment sans référence à une entrée de la Russie dans l’UE.”

EuroNews: “Cette année, la Russie occupe le fauteuil de la présidence du G8, et la semaine dernière, elle a pris la présidence du Conseil de l’Europe. Quels sont ses priorités ?”

V.Chizhov : “S’agissant du G8, les priorités de la présidence russe sont bien connues. Elles sont la sécurité énergétique, la lutte contre les maladies infectieuses et le perfectionnement du système de l‘éducation à l‘échelle mondiale. S’agissant du Comité des ministres du Conseil de l’Europe, la présidence russe se concentrera sur l’objectif d’une Europe unie, sans lignes de division. Cela veut dire que nous ne voulons pas transformer le Conseil de l’Europe, l’une des plus anciennes organisations du continent européen, en une organisation qui soit seulement impliquée dans les problèmes des pays non membres de l’Union européenne.”