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Karen Hughes, VRP de l'Administration Bush dans le monde

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Karen Hughes, VRP de l'Administration Bush dans le monde

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Pour que ses idées soient diffusées et surtout mieux comprises en Europe, la Maison Blanche a confiée cette offensive de charme à Karen Hughes, la Sous-Secrétaire d’Etat chargé de la diplomatie publique. Karen Hughes a le rang d’ambassadeur. Durant les 12 derniers mois, elle a redessiné les contours de la stratégie médiatique de l’administration américaine pour rapprocher les points de vue de Washington et de Bruxelles.
Elle s’est rendue à Bruxelles pour rencontrer les commissaires et les fonctionnaires européens ainsi que de jeunes entrepreneurs en vue du prochain sommet Etats-Unis/Union européenne.

La stratégie de communication de l’administration Bush a t-elle changée ces deux dernières années ?
“Nous travaillons dans ce but et je pense que c’est l’une des raisons pour lesquelles le président et la secrétaire d’Etat Rice m’ont confié cette tâche. Ils ont reconnu la nécessité de montrer plus d’ouverture. Ma mission est d’intensifier le dialogue et les échanges entre l’Amérique et le monde et en disant cela je parle non seulement de dialogue mais également d‘écoute en respectant les autres pays et les autres cultures et quand je visite un pays je passe beaucoup de temps à écouter. Je suis venu à Bruxelles et en Europe pour écouter”.

Pourquoi avoir changé la stratégie de communication de l’administration Bush ?
“Nous nous sommes rendus compte a posteriori que nous étions en profond desaccord avec nos alliés européens sur l’Irak. Des voix se sont également élevées aux Etats-Unis contre les décisions prises par le président américain, décisions qui selon lui allaient dans le bon sens, pour notre sécurité, celle du monde entier et aussi pour le peuple irakien lui-même. Néanmoins, il y a eu divergences et souvent pas assez de discussions. Aujourd’hui, je pense que nous devons intensifier le dialogue. Par exemple, lorsque je travaillais à la Maison Blanche avec cette même mission, l’opportunité diplomatique la plus significative a été la décision américaine concernant l’Iran. Celle de rejoindre nos alliés européens à la table des négociations”.

Cette nouvelle stratégie de communication est-elle la conséquence de ce nouveau rapport avec les Européens sur le nucléaire iranien et suite à l’impasse de l’opération militaire menée en Irak ?
“Je pense qu’il est injuste de la définir par rapport à l’une ou l’autre de ces circonstances. Il faut reconnaître que nous faisons face à de nombreux défis dans le monde et nous sommes plus forts quand nous y faisons face ensemble”.

Cette nouvelle stratégie de communication signifie-t-elle pour les Etats-Unis un passage d’une politique ferme à une option plus diplomatique ?
“Je pense que les deux sont importantes. Dans certains cas, il faut le reconnaître, vous devez privilégier l’action militaire et… je voudrais dire que le président Bush a essayé de tendre la main pour que le monde le rejoigne. Je pense que le président a oeuvré dans ce sens avec les autres dirigeants pendant sa présidence. Mais le président reconnaît combien la communication est importante et c’est pour cela qu’il m’a demandé de rejoindre le département d’Etat pour remplir cette mission car la diplomatie publique est très importante”.

Quel est le rôle de l‘éducation dans cette guerre contre le terrorisme et le fondamentalisme ?
“L‘éducation est absolument primordiale face aux extrémistes violents auxquels nous devons faire face. Les extrémistes veulent des gens rigides, même parmi les leurs, des gens idéologues qui doivent pratiquer la foi selon leur volonté et tout écart signifie la mort. Ils veulent donc des personnes rigides, intolérantes, conformistes et limitées. Nous voulons au contraire que nos citoyens soient ouverts, qu’ils étudient afin qu’ils puissent prendre leurs décisions en leur âme et conscience”.

Mais les auteurs d’attentats suicides notamment ceux du 11 septembre …
“Etaient des personnes instruites ! Ce sont des gens avec une idéologie qu’ils veulent imposer au reste du monde. Ils ont un vrai programme politique. Ils veulent imposer leur conception totalitaire d’une société sans liberté politique et religieuse, ils veulent imposer à nouveau leur système totalitaire et nous avons vu quel genre de société c‘étaient en Afghanistan!”

Quel est selon vous le rôle d’internet dans cette guerre entre démocratie et fondamentalisme ?
“C’est une médaille à deux faces. D’une part, les terroristes ont profité d’internet pour organiser certaines phases de leurs attentats, opérant ainsi bien au delà des méthodes traditionnelles et évitant ainsi tout contrôle. J’ai vu certaines de leurs vidéos de propagande destinées à embrigader les jeunes dans leur causes. D’autre part, Internet peut être un extraordinaire instrument éducatif, pour les jeunes par exemple qui souhaitent s’ouvrir et comprendre le monde dans lequel nous vivons”.