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Charles Taylor, un chef de guerre sanglant

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Charles Taylor, un chef de guerre sanglant

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L‘épée de Damoclès est finalement tombée. Après trois ans d’exil doré au Nigéria, Charles Taylor prend le même chemin que Slobodan Milosevic. Chassé du Libéria en 2003 alors qu’il vient d‘être inculpé pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’ancien président est finalement expulsé d’Abuja en mars dernier alors qu’il tentait de prendre la fuite pour échapper à la justice. A Freetown en Sierra Leone, il est un prisonnier encombrant. Sa responsabilité dans la guerre civile qui a ravagé le pays dans les années 90 fait craindre de nouvelles violences.

Charles Taylor est sous le coup de 11 chefs d’inculpation. Il est accusé d’avoir financé et soutenu les rebelles sierra-léonais du Front révolutionnaire uni. Devant la juridiction, il plaide non coupable :” Je ne reconnais pas la compétence de cette Cour. C’est une atteinte pour diviser les peuples du Libéria et de la Sierra Léone. Je ne suis pas coupable. “

Libéria, Sierra Leone: deux pays liés par un même destin sanglant. En 1989, le chef de guerre Charles Taylor à la tête du Front national patriotique décide de renverser le président libérien Samuel Doe. A la clé, l’exploitation des mines d’or et de diamants du pays. Les combats gagnent tout le pays et débouchent sur une série de conflits sanglants. C’est l’apparition des enfants soldats enrôlés de force et des atrocités.

En 1991, la rébellion gagne la Sierra Leone voisine, un pays ruiné qui n’a pas d’armée pour faire face. Taylor y voit alors un bon moyen de déstabiliser la région et pousse à la création d’une milice qu’il va armer et financer en échange des diamants du pays. Massacres, exécutions, viols, mutilations, pillages rythment la décennie. Bilan: 120.000 morts.

Au Libéria, la guerre civile fait 200.000 morts et un million de déplacés. En 1997 après un accord de paix, Charles Taylor est porté au pouvoir. Le chef de guerre devient président. Six ans au pouvoir avant que le vent tourne.